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Photo
d'Anne Gayan
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Mariline
? Une jeune femme déterminée
à mener son petit bout de chemin dans le théâtre
d'aujourd'hui. A vingt-cinq ans, elle vient de monter
Bal Trap de Xavier Durringer avec quatre jeunes
comédiens et un accordéoniste. Elle a obtenu
du Théâtre municipal de Dole, dans le Jura,
une résidence pour sa création. Et le spectacle
se joue à Paris, à la MJC Les Hauts de Belleville
et à l'ANPE-spectacle.
Durringer
est un auteur contemporain à l'écriture
violente et sensible. " Ça
fait très longtemps que je travaille sur ses textes,
explique Mariline. Ils touchent beaucoup de personnes.
Quand je les ai montés avec des jeunes de 14 à
25 ans dans des cours que je donnais, c'était le
même impact. C'était très fort. Il
faut que Durringer le sache ! Bien sûr, il doit
être très heureux de jouer dans la Cour
d'honneur du Palais des papes
,
mais ses textes qui sont très concrets, qui parlent
de l'amour, de la vie touchent beaucoup plus de gens,
des gens différents. "
Mariline
a pour démarche de faire un théâtre
qui parle à tous. Durringer
est tombé par hasard sur le dossier. Il a été
content de voir que Bal Trap se montait dans une
MJC dans le vingtième. " Lui, il part de là
: de petits lieux, de petites choses, de garages. Ça
l'intéresse de rester en contact avec des gens
qui n'ont a priori rien à voir avec le théâtre
mais qui accèdent à ses textes. " Et
puis, rajoute la jeune metteur en scène, " il
peut nous aider, de pleins de façons. Il peut en
parler autour de lui, il peut aussi demander aux éditions
Théâtrales de ne pas nous faire payer autant
de droits d'auteurs alors qu'on n'a pas cet argent...
" " J'ai envie que les gens soient curieux. Ceux qui ont
de l'argent, qui ont les structures et qui font les programmations
ne sont pas assez curieux. "
Ecoute
Mariline
a joué de petits rôles à la Comédie
Française : avec Muriel Mayette et Daniel
Mesguish. Pour être prise ? Elle n'a pas couché
! " J'ai écrit une longue lettre à Daniel
en lui disant qu'on s'était manqué beaucoup
de fois dans notre vie : au lycée Lamartine où
il n'assurait pas les cours qu'il parrainait, aux Ateliers
Gérard Philipe où il n'était plus...
Il m'a répondu et on s'est rencontré dans
un café. Il a été d'une simplicité
et d'un accueil étonnant."
Le
travail avec Mesguish la marque profondément
" Malgré sa notoriété,
il reste proche de tout le monde à chaque instant.
Il connaissait le moindre technicien de la Comédie
Française. Je ne l'ai jamais vu se mettre en colère.
Pourtant, il y a de quoi dans une baraque comme celle-là
où les mecs sont fonctionnaires à 100 %
et ne vissent pas une vis de plus quand c'est l'heure.
Moi qui suis une impulsive, j'ai été bouleversée
de voir ça. Quand j'ai monté Bal Trap,
j'ai pensé à Daniel tout le temps. Ceux
qui me connaissent depuis longtemps n'en revenaient pas.
On m'a dit : "c'est incroyable, tu ne t'es pas mise en
colère !""
Tiraillée
entre le désir de reconnaissance et la rencontre
de l'autre dans la simplicité, Mariline
poursuit son petit bout de chemin. " Evidemment, qu'est-ce
que j'aimerais être en haut de l'affiche et tourner
dans plein de films ! Ce sont des rêves de gamine,
de notoriété, de reconnaissance. Je crois
que les gens qui font ce métier ont besoin d'être
reconnus. Mais ce n'est pas ma priorité. Sinon,
j'aurais utilisé d'autres moyens... Ce n'est pas
ça qui me plaît. Je fais ça parce
que c'est vital. "
A
travers les cours qu'elle donne en banlieue, dans des
petits théâtres ou des écoles,
elle découvre chacun, bien loin des rêves
de gloires. " Les cours, c'est autre chose. C'est une
vraie relation à l'autre. C'est cela qui m'a donné
le goût du théâtre. C'est cela aussi
qui m'a permit, à dix ans ou quinze ans, d'être
à l'écoute, de savoir qu'il y a quelqu'un
qui pleure dans la cour et d'aller le voir. C'est des
conneries, mais si je n'avais pas fais de théâtre,
je n'aurais certainement pas eu cette façon là
d'aborder les autres. Les cours m'apportent autant que
ce que je donne. "
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Sophie
Berrué a réalisé l'affiche
de Bal Trap
(cliquez sur l'image pour voir d'autres propositions
d'affiches)
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Entre
la mise en scène de Bal Trap dans le Jura,
des cours dans le sud de Paris et sa participation en
tant que comédienne dans un Spectacle très
très très drôle dans la banlieue
nord, Mariline court. Elle n'arrête pas. N'est-ce
pas trop ? Y a-t-il encore de la place pour quelqu'un
d'autre ? " Quand j'étais gamine, je me disais
qu'étant comédienne, je ne pourrais jamais
avoir d'enfants et jamais avoir de mari. J'en étais
sûre. Heureusement, ça a changé !
J'ai la bougeotte mais le jour où je voudrais me
poser, faire des enfants, ça viendra naturellement.
Ce sera un choix évident que de dire, cette saison,
je fais moins de choses parce qu'on va faire, avec mon
compagnon, un enfant. " Mais en fait, " Chaque
année, on dit : "en septembre, on en met un en
route." Ca fait trois ans qu'on dit ça. " (rires)
Elle
est fiancée depuis deux ans. Elle se cherche, petit
à petit, se trouve. " Quand mon compagnon
aura trouvé sa propre voie aussi. Moi, j'ai trouvé
la mienne depuis très longtemps, j'ai commencé
à travailler à dix-neuf ans. Lui, il est
étudiant. Pour l'instant, on n'a pas les mêmes
envies en même temps, on n'a pas le même train
de vie. "
"
C'est un métier de rencontre uniquement.
C'est un métier de séduction et de trouble
permanents, alors je comprends pourquoi il y toujours
des histoires de cul. De l'extérieur ça
parait des histoires de cul, mais je crois que réellement
ce sont des histoires de cœur. On a une proximité.
En danse c'est la même chose. Deux personnes répètent,
se touchent, se regardent : la barrière entre le
privé et le professionnel est forcément
en danger. "
Shantidas