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Eduardo
Abaroa
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"Les
arts expriment le tempérament de chaque nation"
écrit
Octavio Paz . Cette citation révèle
la tradition de forts liens unissant Etat et Arts plastiques
au Mexique : en effet, depuis le porfirisme jusqu’à
la fin des années 1980, l’Etat mexicain a été
le principal commanditaire d’œuvres, le marché de
l’art étant jusqu’aux années 40 quasiment
inexistant au Mexique. La place centrale de l’Etat sur le
plan artistique, par l’intermédiaire de bourses sous
Porfirio Diaz, de commandes après la révolution
de 1910-1917 a pour corollaire la mise en place d’un art
officiel, diffusant à l’intérieur et à
l’extérieur du pays une image de la nation mexicaine
en accord avec les valeurs prônées par le politique.
Ainsi,
les artistes contribuent à fonder l’idée –
le mythe, diront les plasticiens des années 90 –
de la nation mexicaine, manifestant leur attachement
pour la culture européenne (principalement française
et italienne) dans un contexte d’ouverture des frontières
aux capitaux étrangers sous Porfirio Diaz, exaltant
la " mexicanité " et les idéaux
de la révolution à partir des années
20. Les années 90 constituent une rupture radicale
dans l’attitude des artistes mexicains, qui, suite à
l’ouverture commerciale et financière que constitue
l’entrée du Mexique dans l’ALENA et à la désagrégation
des idéaux et des acquis de la révolution,
se tournent vers un art plus universaliste qui déconstruit
le mythe de la " mexicanité ".
Un dossier de Sophie Canillac
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