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Le
Mexique moderne et l'Europe
La
période porfirienne est marquée par l’ouverture
du Mexique aux capitaux étrangers, c’est
la période du " premier
miracle économique mexicain " , basé
sur le développement de l’industrie minière
(1880 : découverte de nouveaux minerais dans
le Nord) et textile, sur le modèle de la révolution
industrielle des pays d’Europe du nord. Ces orientations
économiques sont liées à une idéologie
du progrès, issue de la diffusion du positivisme
d'Auguste Comte (1798 1857), doctrine refusant les égarements
métaphysiques et ne recherchant pas les causes premières
mais désirant établir un système permettant
de coordonner les faits observés dans une ambition
systématique liée aux progrès de la
science expérimentale. Le développement économique
inégalitaire du porfirisme se solde par la croissance
des centres urbains au sein desquels la bourgeoisie d’affaire
et la bureaucratie naissante constituent une élite
tant politique qu’intellectuelle.
| L’influence française
reste le canon artistique dominant sous Porfirio Diaz,
manifestant ainsi la volonté du Mexique d’appartenir
à l’ensemble géo-culturel européen
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Cette
élite, désireuse que le Mexique devienne une
grande nation moderne, rejette l’autochtone comme archaïque,
se tournant vers l’Europe, symbole de la modernité
et du progrès, et principalement vers la France,
lieu de naissance des lumières et du positivisme.
L’influence française se fait alors sentir tant dans
la mode que dans l’architecture, la littérature,
la médecine et l’art pictural. La volonté
de modernité du Mexique qui se manifeste dans les
orientations économiques connaît son parallèle
artistique par la diffusion des courants impressionnistes
et symbolistes ainsi que par la vogue de l’art nouveau .
Ces trois approches artistiques sont en effet intimement
liées au progrès : le fer, métal
symbolique de la révolution industrielle, est un
des médiums privilégiés de l’art nouveau ;
l’impressionnisme naît en partie de la nouvelle vision
que génère la vitesse du voyage en train et
de l’invention de la photographie, qui rend obsolète
les modèles de représentation du classicisme.
Les
pensions que l’Etat accorde aux artistes permettent de diffuser
les canons de l’art officiel et par là même
une vision du Mexique conforme aux représentations
que s’en fait le pouvoir. La plupart des artistes pensionnés
(comme Jésus Contreras et Léandro Izaguire)
font un séjour à Paris, afin d’étudier
l’art classique dans les musées grâce à
la production de copies à destination de l’école
nationale des beaux arts de Mexico, mais également
en s’informant sur les méthodes d’enseignement et
sur les innovations en matière de techniques artistiques
et d’organisation des musées, dans le double esprit
de donner du Mexique l’image d’une nation moderne et de
passion pour le passé culturel et artistique de la
France (le français constitue alors la langue des
élites culturelles). José Maria Velasco, paysagiste
qui découvre l’impressionnisme à Paris et
Ramos Martinez, créateur des écoles de plein
air sont parmi les meilleurs représentants de cet
afranciamento . L’influence française
reste le canon artistique dominant sous Porfirio Diaz, manifestant
ainsi la volonté du Mexique d’appartenir à
l’ensemble géo-culturel européen, malgré
l’émergence des motifs du cactus et du volcan liées
aux revendications nationalistes naissantes de refus des
inégalités sociales dues au modèle
de développement et à l’implantation des entreprises
capitalistes étrangères sur le sol mexicain.
Introduction
Le Mexique moderne et l'Europe
Le tournant révolutionnaire
: vers l'Amérique et l'indinanité
La
rupture des années 90 : le territoire en question
L'identité
et l'espace national
Bibliographie
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