|

Vöd-K
A
quand notre condamnation ?
(Et si vous cliquiez...)
|
 |
Le
24 décembre 1999, le tribunal de grande instance de Lyon
a rendu une ordonnance de référé condamnant la Ville de
Lyon à verser 5 000 F de dommages et intérêts à l'association
Action pour la dignité humaine, présidée par Mme Françoise
de Grandry.
Le
musée d'art contemporain (qui est un
service en régie directe et n'a pas de personnalité juridique)
avait dans le cadre de son exposition sur la bande dessinée
de science-fiction « Cent millions d'étoiles », ouverte
à tout public, donné à voir des planches de bande dessinée
à « caractère violent, pornographique ou blasphématoire
» (sic). Les oeuvres incriminées étaient dûes à David
Prudhomme (Port
Nawak), Stan et Vince (L'Imploseur),
Gigi (Ailleurs)
et Raufflet (Urban
Games).Il a également été reproché au musée
d'avoir mis à la disposition du public les fanzines Reptile
et
The Pact. Le retrait des oeuvres,
demandé par l'association plaignante, n'a toutefois pas
été accordé et l'exposition s'est poursuivie avec un avertissement
indiquant que des scènes sont « réservées à un public
averti ».
Les
lecteurs de ces bandes dessinées auront du mal à percevoir
ce qui a pu leur être reproché. Concernant
la violence, il s'agit, selon l'ordonnance de référé,
dans les dessins de Raufflet (éditions Les Humanoïdes
Associés), de « personnages [qui] sont précipités par
les fenêtres ». Pour le blasphème, dans Port
Nawak (éditions Vents d'Ouest), d'une
« femme dénudée [qui] fait référence à sainte Marie-Madeleine
». Deux cases du fanzine The
Pact (prix du meilleur fanzine
à la convention de la BD de Paris en 1998) sont pornographiques.
L'Imploseur
(éditions Albin Michel), scénarisé par Benoît Delépine
(cocréateur des Guignols de l'info), contient des «
dessins pouvant choquer » car représentant des
« scènes de coucheries ». La
bande de Gigi, qui date des années 70,
montre « des scènes de personnages dénudés et travestis
».
Bernard Joubert
pour le Réseau
Voltaire
|