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Dessin
de Bens
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Le
manifeste " Stop la violence " à l'initiative du PS et du
MDC ? Depuis sa publication, le 26 février,
dans Nova
Magazine ,
le manifeste " Stop la violence " a suscité un engouement
médiatique important. Présenté comme une initiative spontanée,
il a disposé de moyens considérables. Officiellement rédigé
par des jeunes du Val-d'Oise et du Nord de Paris, ce manifeste
n'est pas sans rappeler la création de SOS Racisme. S'agit-il
d'une initiative spontanée ou bien d'un un " coup " devant
bénéficier au gouvernement de Lionel Jospin ?
Etrangement,
cette initiative répond aux attentes formulées au sein du
Parti socialiste à fin de l'année dernière. Le
12 décembre 1998 s'était tenu à l'Assemblée nationale un
colloque interne au PS sur le thème " Justice et sécurité
". À cette occasion, les délégués socialistes préconisèrent
un enracinement dans les banlieues. Ils constatèrent qu'il
manquait au PS une organisation capable d'occuper le terrain.
Un tel mouvement, recommandèrent-il, ne
devrait pas être axé sur la question du racisme
mais sur celle de la sécurité dans les quartiers. Il devrait
être initié par des jeunes.
Deux
mois et demi plus tard, le manifeste voyait le jour.
Au cœur de cette opération, trois hommes : David Assouline,
Christophe Nick et Pierre Péan, tous trois proches du PS.
David Assouline avait participé au colloque du 12 décembre.
Il est conseiller municipal (PS) dans le XXe arrondissement
de Paris. Pierre Péan réside à Bouffémont d'où est parti
le manifeste.
Un montage
médiatique
La
médiatisation de " Stop la violence" a été initiée
par Nova Magazine et L'Evénement .
Les équipes de ces deux journaux sont issues d'Actuel
et de Globe qui, en leur temps, avaient lancé SOS
Racisme. Jean-François Bizot, patron de Nova dirigeait
Actuel. Le journaliste Christophe Nick qui a réalisé
le reportage de départ de " Stop la violence " à Nova
travaillait lui aussi à Actuel. Il connaît bien David
Assouline. Dans Actuel, en janvier 1987, il avait
réalisé un large dossier sur les manifestations de 1986
pendant lesquelles Assouline s'était distingué. Le même
dispositif médiatique de " Stop la violence " est donc calqué
sur celui de SOS Racisme.
"J'ai lu avec attention
le texte de cet appel, qui rejoint l'idée souvent
proclamée que la sûreté est un droit pour tous ; ce
texte est réellement parfait"
Jean-Pierre Chevènement |
Le
reportage de Christophe Nick dans Nova Magazine est essentiellement
centré sur les jeunes avec lesquels Pierre Péan et David
Assouline l'ont mis en contact : ceux de Bouffémont,
l'association Droit de cité (à Paris), ou encore la Caravane
des quartiers. Dans cette dernière organisation intervient
régulièrement Mehdi Lallaoui, un proche d'Assouline avec
lequel il a signé une trilogie d'ouvrages sur l'histoire
de l'immigration en France. Christophe Nick a essentiellement
" enquêté " à Bouffémont (mairie socialiste), Sarcelles
(dont le maire, jusqu'en 1997, était Dominique Strauss-Kahn)
et Argenteuil (ville dont un conseiller municipal, Manuel
Vails, est conseiller chargé de la communication et de la
presse au cabinet du Premier ministre).
Le
soutien des préfets
La
sortie du manifeste coïncide opportunément avec
les " Rencontre nationales des acteurs de la prévention
de la délinquance " qui se sont tenues les 17 et 18 mars
à Montpellier à l'initiative de Claude Bartolone, ministre
socialiste de la Ville, et qui réunissaient Lionel Jospin,
Élisabeth Guigou et Jean-Pierre Chevènement. Une délégation
de sept membres de l'association " Stop la violence " (constituée
le 15 mars) y était conviée. Elle était accompagnée de Christophe
Nick et David Assouline.
Le
7 mars, répondant à une question d'actualité, Jean-Pierre
Chevènement déclarait à propos du manifeste :
" J'ai lu avec attention le texte de cet appel, qui rejoint
l'idée souvent proclamée que la sûreté est un droit pour
tous ; ce texte est réellement parfait. " Et le ministre
de l'Intérieur d'ajouter qu'il avait appelé les préfets
à soutenir l'initiative.
Afin
de transformer " Stop la violence " en mouvement de masse,
les dirigeant souhaiteraient organiser une grande marche
du type de la " marche des Beurs " qui avait lancé SOS Racisme,
ou encore des " marches blanches " contre la pédophilie
en Belgique. Un fait divers serait exploité pour cette occasion
: par exemple, le meurtre d'un jeune par un autre dans une
cité. Nous verrons dans les prochaines semaines si cette
stratégie se réalise.
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Voltaire
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