La répression des Kurdes en France

 


Photo de Eduardo Inclan
Photo de Eduardo Inclan

L'interdiction du PKK a conduit la section antiterroriste du Parquet de Paris a mener des instructions concernant de nombreux Kurdes vivants en France. Le juge chargé de la question, Jean-François Ricard, a été mis en cause à de nombreuses reprises pour ses méthodes.

Le 27 octobre 1997, un étudiant de l'université de Paris 8ancienne fac de Vincennes, aujourd'hui à Saint Denis, Ramazan Alpaslan, avait été trouvé pendu dans la cellule où M. Ricard le tenait enfermé depuis près d'un an. Ramazan était en détention préventive : il n’avait pas encore été jugé mais le juge Ricard espérait qu’il fournirait des informations sur le PKK dont il estimait - visiblement à tord - qu’il était membre.

" C’est bien l’acharnement dont il a été victime qui a poussé ce jeune homme au suicide ", s’insurge Anne-Carine Jacoby, avocate de Ramazan et membre de la Ligue des Droits de l’homme. Cette détention a été " utilisée comme un moyen de pression psychique " sur lui, nous a déclaré Kendal NezanM. Nezan travaille souvent avec la fondation France-Liberté de Danielle Mitterrand, président de l’Institut kurde de Paris. L’Etat français a pris position dans la guerre qui oppose le régime turc aux Kurdes. " Les Kurdes ne se sentent pas en sécurité dans ce pays. Il y a des militants qui ont été assassinés, en France, en Autriche, en Allemagne, et ces affaires n’ont jamais été élucidées. " Et M. Nezan de constater : " Il y a une coopération policière et judiciaire entre la Turquie et la France. "

Le juge Ricard a par ailleurs délivré une commission rogatoire auprès de la Turquie afin d’obtenir des informations sur un réfugié politique kurde résidant en France. On sait pourtant de quelle manière la police turque extorque des renseignements aux prisonniers. M. Ricard s’est lui-même rendu en Turquie, à plusieurs reprises semble-t-il. Il est ainsi allé interroger un homme condamné à mort par la Cour de sûreté de l’Etat d’Izmir...

Raphaël Meyssan

 

 
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