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Photocopie
de Céline Farez
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Avec
près de 30 000 hommes armés,
35 000 victimes des combats et de la violence politique
chaque année, plus d'un million de personnes déplacées
en dix ans, la Colombie s'enfonce dans un conflit qui glisse
dangereusement vers la guerre civile. Sur fond de crise
économique, les guérillas d'extrême
gauche affrontent les paramilitaires d'extrême droite.
Les
deux principaux groupes guérilleros, les
Forces armées révolutionnaires colombiennes
(FARC) et l'armée de libération nationale
(ELN) fondent leur action sur la protection des pauvres
face au gouvernement et aux patrons. Cependant, bien peu
de colombiens se laissent berner par ces motivations de
façade. La guérilla tire l'essentiel de ses
ressources des taxes prélevées sur le trafic
de drogue et des rançons obtenues des enlèvements
de civils. Par ailleurs, ces groupes sont passés
du statut de milice d'autodéfense à celui
de forces armées, dont le but demeure la conquête
de territoires de plus en plus immenses.
De
leur côté, les paramilitaires, milices antiguérilla,
ne semblent pas plus enclins à jouer franc jeu. Ils
seraient en partie financés par les narcotrafiquants
devenus propriétaires terriens et joueraient de la
protection de certains secteurs de l'armée.
" Dans cette guerre qui ne dit pas son nom,
personne ne sait avec certitude quels sont les intérêts
et les camps en présence. Bien peu de colombiens
se sentent représentés par l'un ou l'autre
des acteurs armés du conflit " analyse
le sociologue Fernando Cubides. La population n'est pas
solidaire de l'action des divers groupes armés, mais
de plus en plus victime de leurs agissements. Le sentiment
qui prédomine désormais chez les colombiens
est la peur qui, ajoutée aux problèmes économiques,
pousse certains d'entre eux à l'exil.
Vers
un processus de paix
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Photocopie
de Céline Farez
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Andres
Pastrana, élu à la présidence colombienne
en 1998, tente de mener le pays vers un processus
de paix, principal thème de sa campagne électorale.
Dès son élection, il a ouvert des discussions
avec les groupes armés. Toutefois, en raison du manque
de diplomatie de l'équipe en charge des négociations,
les pourparlers semblent bloqués et le gouvernement
n'a pas cessé de céder sans obtenir la moindre
contrepartie.
Beaucoup
reprochent au présidant d'avoir accordé
un territoire (42 000 km2, dans le sud-ouest du pays) aux
FARC sans aucune garantie. Les 200 000 habitants de la région
se sentent complètement abandonnés par l'Etat.
Ils y vivent sous le contrôle absolu des FARC, qui
rendent la justice, perçoivent les impôts,
organisent les activités culturelles, le travail
obligatoire et la participation aux activités publiques
dont ils décident du bien-fondé.
Cet
événement illustre l'enjeu des négociations
pour les guérilleros et les paramilitaires :
transformer leur puissance militaire en reconnaissance politique
afin de jouer un rôle dans l'exercice du pouvoir.
Les discussions s'engouffrent dans une impasse qui ressemble
à un véritable coupe-gorge.
Pour
s'en sortir, Andres Pastrana en appelle à l'aide
étrangère, poussé par 60%
de colombiens se disant " favorables à
la présence de troupes étrangères pour
lutter contre la guérilla. " Ainsi, le
21 septembre, le président colombien a présenté
à Washington son " Plan pour la paix, la
prospérité et le renforcement de l'Etat. "
Le processus de paix avec la guérilla et la lutte
contre le narcotrafic constituent les principaux axes de
la stratégie du gouvernement colombien qui attend
l'appui financier de la communauté internationale
et en particulier des Etats-Unis.
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Photocopie
de Céline Farez
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"Nous
sommes convaincus que si nos problèmes
et nos stratégies sont mieux connus à l'étranger,
nous obtiendrons la coopération des nations amies"
déclarait Andres Pastrana peu avant la réunion.
Or, en France, on ne peut pas dire que les médias
remplissent véritablement leur mission d'information
dans cette affaire.
Quoiqu'il
en soit, la trêve décrétée par
les FARC pendant la période des fêtes
de fin d'année, la première depuis 15 ans,
est de bon augure si le gouvernement saisit cette opportunité
pour engager un nouveau dialogue sur des bases plus saines.
Thomas Carre-Pierrat
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