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Photo
d'Eduardo Inclan
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Tijuana,
ou la mainmise des Etats-Unis sur une ville sud-américaine.
Une de plus… Tijuana, ville frontière où tous
les " latinos " ont l’espoir de réaliser
leur " rêve américain "
en passant la fameuse limite. Seulement, il existe deux
accueils : le bon qui se concrétise dans l’exploitation
de cette main d’œuvre presque gratuite, et le mauvais :
la mort provoquée par les balles américaines.
Le
quotidien de Tijuana, c’est aussi la drogue,
les assassinats, la prostitution, le SIDA, les enlèvements…
De là-bas, on peut apercevoir un bout de la frontière
de la Californie et rêver à Los Angeles, San
Francisco, endroits où l’on peut manger, boire, vivre,
mais à quel prix ?
Un
an après la signature de l’ALENA,
le Traité de Libre Echange et de Coopération
Economique entre le Mexique, les USA et le Canada, un congressman
républicain débloque des crédits pour
construire un mur qui sépare la frontière
mexicaine de la frontière américaine, les
Etats-Unis voulant apparemment bloquer définitivement
l’émigration mexicaine. Il y a encore quelques années,
le passage était peu surveillé mais à
présent, il devient quasiment impossible de franchir
cette limite. Certains y parviennent, mais les américains
ont fait en sorte de repousser les mexicains plus à
l’est pour qu’ils ne puissent atteindre d'autre lieu que
le désert de l’Arizona, où ils perissent morts
de soif. Il y a en fait deux murs séparés
par des capteurs électroniques, composés de
piliers en béton surmontés de barbelés
et de fils électriques.
L’ALENA
profite aux Américains qui peuvent maintenant
installer leurs industries au Mexique: ils n’ont plus besoin
de faire rentrer des Mexicains en Amérique pour y
travailler à bas prix puisqu’ils peuvent, grâce
au traité de libre échange, les exploiter
dans leur propre pays.
Ce
mur ne sépare pas deux idéologies comme celui
de Berlin, mais les riches des pauvres.
Le mur de Berlin ou " mur de la honte "
offusquait la Terre entière, mais qui dénonce
le mur qui se construit progressivement à Tijuana ?
" Welcome to Tijuana, tekila, sexo y marihuana "
( " Bienvenu à Tijuana, tequila, sexe et
marihuana ").
Stéphanie Herblot
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