Sous la terre, des mines

Malgré une diminution sensible du nombre des victimes ces dernières années, on a encore dénombré entre juin 1999 et juin 2000, environ cent morts et plus de 350 blessés dans près de 80 Etats et territoires, dont 45 en état de paix


Photo de Raphaël Meyssan

Sous les lambris de Matignon, les membres de Handicap International semblent apprécier la reconnaissance apportée à leur action contre les mines antipersonnel (MAP) Lionel Jospin les reçoit alors que sort le rapport annuel de l’Observatoire des mines. Ce combat mené par plusieurs ONG de par le monde est désormais relayé par de nombreux Etats. Cette prise de conscience de la communauté internationale a débouché sur la signature, en décembre 1997, du traité d’Ottawa. Ce texte prône l’interdiction de la production, de la vente et du transfert des MAP. Le texte a été signé par 138 pays et ratifié par 101 d’entre eux. Il s’agit d’une première pour un tel traité, de quoi alimenter l’optimisme des militants contre les mines. Cependant, quelques grandes puissances comme les Etats-Unis, la Chine ou la Russie n’ont pas encore signé le traité pour des raisons essentiellement économiques.

Les ONG ont bien compris que si leur lutte était en bonne marche, il fallait néammoins rester vigilants. Elles surveillent ce que font les Etats sans pouvoir agir car la convention d’Ottawa s’est doté de mécanismes de transparence mais pas de contrôle. Pour un membre de Handicap participant à la rédaction du rapport 2000 de l’observatoire des mines, “le traité fonctionne”. Les rapporteurs n’ont constaté aucune violation du traité par des pays signataires,“aucun transfert n’a été observé. Si il y en a, c’est de manière illicite”. En outre, le rapport signale la destruction de 10 millions de mines, une réduction de l’utilisation de ces armes, une chute considérable de la production (16 producteurs identifiés contre 54 auparavant), une augmentation des fonds cosacrés à l’action contre les mines, une diminution du nombre des victimes et une augmentation des zones déminées.

Photo de Raphaël Meyssan

Si ces résultats sont satisfaisants, l’utilisation des mines se poursuit, et augmente dans certains cas, en Birmanie par les forces gouvernementales et leurs opposants, au Sri lanka par le gouvernement et les rebelles, au Népal par les rebelles maoïstes, en Afghanistan par les forces d’opposition, en Angola et en République Démocratique du Congo par le gouvernement et les forces rebelles, en Ouganda, au Sénégal, en Colombie par des groupes rebelles. On peut ajouter à cette liste les conflits au Cachemire, aux Philippines, en Tchétchènie et au Kosovo dans lesquels les MAP sont également utilisées.

Il reste selon les estimations, entre 60 et 70 millions de mines. Il faut ajouter à ces chiffres les 250 millions de MAP qui resteraient, selon l’Obsevatoire des mines, dans les arsenaux de 105 nations essentiellemnt en Chine (110 millions) et en Russie (70 millions). 21 nations signataire du traité ont achevé la destruction de leur stock (dont la France), et 24 autres sont en cours. Pour Philippe Chabal, co-directeur de Handicap, “ on peut à une échelle raisonnable estimait que dans certaines régions du monde, les gens pourront se déplacer en sécurité”. Le chemin vers un monde sans mine est encore long mais les efforts cumulés des ONG et des Etats commencent à payer. Ce qui fait dire à Jody Willams, coordinatrice de la campagne internationale contre les MAP; “Nous sommes en train de gagner la guerre contre les mines”.

Thomas Carre-Pierrat
Photos de Raphaël Meyssan

 

Photo de Raphaël Meyssan
Photo de Raphaël Meyssan

  

 
La "Une"       Ecrivez - vivez !

 

L'arme des lâches

 

-Handicap International, co-fondateur de la campagne international pour interdire les mines, Prix Nobel de la Paix en 1997.

 

-Exposition “Terres Minées” du 13 septembre au 21 octobre 2000. Galerie Fait & Cause 58, rue Quincampoix 75004 Paris.

Cinq photographes ont réalisé dans cinq pays d’intervention de Handicap International des reportages auprès des victimes des mines antipersonel (au Cambodge, au Kosovo, au Nicaragua, en Casamance et en Thaïlande). Ils montrent la vie quotidienne de celles et ceux dont la vie a été définitivement changé par l’explosion d’une mine. Les contributions des écrivains Dario Fo, Zoé Valdès, Mia Couto, Claude Duneton- traduisent en lien avec les photographies, leurs reflexions sur le sort tragique deds victimes.

-Du 11 au 15 septembre 2000 a eu lieu au siège de l’ONU à Genève la réunion de l’Observatoitre international des mines et la présentation de leur rapport.

-Le 12 septembre 2000, la commission nationale pour l’élimination des mines a remis son rapport au Premier Ministre Lionel Jospin.

 

L'Asile utopique
Présentation
Archives



désabonnement