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Sous
les lambris de Matignon, les membres de Handicap International
semblent apprécier la reconnaissance apportée
à leur action contre les mines antipersonnel (MAP) Lionel
Jospin les reçoit alors que sort le rapport annuel de
l’Observatoire des mines. Ce combat mené par plusieurs
ONG de par le monde est désormais relayé par de nombreux
Etats. Cette prise de conscience de la communauté internationale
a débouché sur la signature, en décembre 1997, du traité
d’Ottawa. Ce texte prône l’interdiction de la production,
de la vente et du transfert des MAP. Le texte a été signé
par 138 pays et ratifié par 101 d’entre eux. Il s’agit
d’une première pour un tel traité, de quoi alimenter l’optimisme
des militants contre les mines. Cependant, quelques grandes
puissances comme les Etats-Unis, la Chine ou la Russie
n’ont pas encore signé le traité pour des raisons essentiellement
économiques.
Les
ONG ont bien compris que si leur lutte était en bonne
marche, il fallait néammoins rester vigilants.
Elles surveillent ce que font les Etats sans pouvoir agir
car la convention d’Ottawa s’est doté de mécanismes de
transparence mais pas de contrôle. Pour un membre de Handicap
participant à la rédaction du rapport 2000 de l’observatoire
des mines, “le traité fonctionne”. Les rapporteurs
n’ont constaté aucune violation du traité par des pays
signataires,“aucun transfert n’a été observé. Si il
y en a, c’est de manière illicite”. En outre, le rapport
signale la destruction de 10 millions de mines, une réduction
de l’utilisation de ces armes, une chute considérable
de la production (16 producteurs identifiés contre 54
auparavant), une augmentation des fonds cosacrés à l’action
contre les mines, une diminution du nombre des victimes
et une augmentation des zones déminées.
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Si
ces résultats sont satisfaisants, l’utilisation des mines
se poursuit, et augmente dans certains cas,
en Birmanie par les forces gouvernementales et leurs opposants,
au Sri lanka par le gouvernement et les rebelles, au Népal
par les rebelles maoïstes, en Afghanistan par les forces
d’opposition, en Angola et en République Démocratique
du Congo par le gouvernement et les forces rebelles, en
Ouganda, au Sénégal, en Colombie par des groupes rebelles.
On peut ajouter à cette liste les conflits au Cachemire,
aux Philippines, en Tchétchènie et au Kosovo dans lesquels
les MAP sont également utilisées.
Il
reste selon les estimations, entre 60 et 70 millions de
mines. Il faut ajouter à ces chiffres les 250
millions de MAP qui resteraient, selon l’Obsevatoire des
mines, dans les arsenaux de 105 nations essentiellemnt
en Chine (110 millions) et en Russie (70 millions). 21
nations signataire du traité ont achevé la destruction
de leur stock (dont la France), et 24 autres sont en cours.
Pour Philippe Chabal, co-directeur de Handicap, “ on peut
à une échelle raisonnable estimait que dans certaines
régions du monde, les gens pourront se déplacer en sécurité”.
Le chemin vers un monde sans mine est encore long mais
les efforts cumulés des ONG et des Etats commencent à
payer. Ce qui fait dire à Jody Willams, coordinatrice
de la campagne internationale contre les MAP; “Nous sommes
en train de gagner la guerre contre les mines”.
Thomas Carre-Pierrat
Photos de Raphaël Meyssan
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