|

Photo
de Patrick Imbert
(cliquez
sur l'image pour voir l'expo)
|
 |
"Commerce
libéral? - Commerce équitable!" Tel
était le thème autour duquel s'est réuni
une quarantaine de jeunes issus de 18 pays européens,
l'occasion d'un séminaire organisé par la
Fédération des Jeunes Ecolos Européens,
du 15 au 20 mars 2001.
Les
libéraux ne cessent de nous répéter
que, pour vivre dans le meilleur des mondes, il suffit de
"laisser faire" en respectant cependant
un grand principe, qui répond au nom de concurrence
pure et parfaite. Seulement voilà, cette théorie
est parfois très éloignée de la réalité
et les êtres humains sont autre chose que des courbes
d'offre et de demande, que des tirelires qui s'emplissent
et se vident au gré des pertes et profits, des embauches
et des licenciements. Le système libéral ignore
non seulement les aspirations sociales mais aussi les questions
environnementales.
Ce
système tente de nous convaincre qu'il est immuable.
C'est du moins ce que défendent le Fond Monétaire
International (FMI), la Banque Mondiale et l'Organisation
Mondiale du Commerce. C'est ainsi que l'on nous dit que
les fonds d'ajustements structurels -traduire : prêts
accordés à condition que les pays se libéralisent
- sont salvateurs pour les pays victimes de crises financières
à répétition. Mais ces crises ne sont
elles pas dues à un système libéral
trop volatil ? Quant aux " remèdes " proprement
dits et aux grands principes sensés permettre de
réguler l'économie mondiale, ils ont souvent
des effets dévastateurs : dégradation des
conditions de vie dans les pays soumis aux ajustements structurels,
mépris du droit des citoyens à décider
du contenu de leurs assiettes - Organismes Génétiquement
Modifiés, buf aux hormones -, guerres économiques
qui frisent l'absurde - bananes, marché des médicaments.
Il faut sortir de ce raisonnement purement économique
pour se tourner vers une démarche de solidarité.
Il est temps de dire que nous ne sommes pas des pots de
yaourt !
| Une nouvelle façon
de considérer les échanges, intégrant
des critères humains et environ- nementaux
à la valeur des choses |
Une
des alternatives est le commerce équitable, qui "a
pour objet de contribuer à la réduction de
la pauvreté dans le Sud. Il établit
un système de commerce qui permet aux producteurs
marginalisés du Sud d'avoir accès aux marchés
du Nord. Ce commerce alternatif se base sur le savoir-faire
des producteurs et permet aux communautés de jouer
un rôle actif dans leur propre développement.
Dans le même temps, le commerce équitable satisfait
une demande du consommateur du Nord" ,
qui fait preuve de solidarité avec les producteurs.
C'est une nouvelle façon de considérer les
échanges, intégrant des critères humains
et environnementaux à la valeur des choses : les
prix sont équitables et permettent aux producteurs
de couvrir leurs besoins personnels et ceux de leurs familles,
les producteurs bénéficient aussi d'un préfinancement
partiel de leur production de la part des associations de
commerce équitable, ce qui leur permet d'acheter
les machines nécessaires à la production
Ces échanges sont basés sur le long terme.
En fait, "l'idée de main invisible se transforme
en main dans la main" .
Le commerce équitable constitue une réelle
alternative, contrairement au commerce éthique qui
ne remet pas en cause le libéralisme mais s'attache
seulement à " l'améliorer " par
un code plus strict concernant les conditions de travail.
|

Photo
de Patrick Imbert
(cliquez sur l'image pour voir l'expo)
|
 |
Les
associations de commerce équitable telles qu'Artisans
du Monde, pour la France, sont le principal maillon
de cette chaîne solidaire. Plusieurs associations
se sont regroupées et achètent à une
même centrale d'achat, Solidar'Monde, qui propose
près de 1500 références. Plus récemment,
on a vu le développement de la vente de certains
de ces produits dans les supermarchés (le café
Max Haavelar notamment), de façon à toucher
un plus grand nombre de personnes. L'opération semble
avoir du succès, dans le climat de suspicion qui
pèse actuellement sur le contenu de nos assiettes.
Le commerce équitable respecte des critères
de qualité ; les aliments sont de culture biologique
autant que possible...
Au
niveau européen, les associations françaises
appartiennent à l'EFTA (European Fair
Trade Association) qui regroupe 12 importateurs issus de
neuf pays. Ces associations commercent avec environ huit
cent partenaires, dans quarante-cinq pays, ce qui permet
à environ 800 000 familles de vivre dignement. Le
commerce équitable se finance par les aides publiques
d'une part, et grâce à des organismes de financement
éthique (voir ci-contre) d'autre part.
Cécile Berrué
|