L'affaire des pots de yaourts

Le site Jeboycottedanone, lancé en réaction aux licenciements, a immédiatemment fait l'objet de poursuites judiciaires de la part de Danone. D'assignations en constats d'huissiers, les fils se sont emmêlés, les stratégies sont devenues moins lisibles. Décryptage...


On aimerait pouvoir vous dire qu'on y croit. On aimerait vous dire : la justice met à genoux les puissants pour défendre les plus faibles. On aimerait… mais on n'y croit pas.

Depuis un mois et demi, la société Danone harcèle judiciairement les réalisateurs du site Jeboycottedanone. Elle a déjà obtenu deux décisions de justice qui lui sont favorables. Elle en attend une autre pour le 4 juillet.

L'Asile utopique s'est associé aux journalistes de Technikart et du Réseau Voltaire, pour tenter, grâce au site Jeboycottedanone, d'informer sur la politique menée par la multinationale contre ses salariés et pour le bénéfice exclusif de ses actionnaires.

En quelques semaines, 11 420 personnes ont signé en ligne l'appel à la grève des caddies, le forum a accueilli pas moins de 8 205 participations, des reportages, des enquêtes, des dépêches d'actualité y ont été publiées en nombre, des hommes politiques de tendances différentes s'y sont exprimés dans des tribunes libres… au total 98 117 personnes sont venues visiter le premier site français qui a joué un rôle dans un conflit politique ne portant pas sur l'Internet.


Harcèlement judiciaire
Photo de Patrick Imbert Depuis sa mise en ligne le 11 avril 2001, Jeboycottedanone fait l'objet de pressions violentes de la part de Danone. La société s'attaque non seulement aux auteurs du site, mais aussi aux sociétés gestionnaires des noms de domaines. L'une d'elle aurait même fait l'objet de menaces, tandis que le site était rendu inaccessible, suite à une saturation de requêtes.



La stratégie de Maître Pierrat
Photo de Patrick Imbert

Maître Emmanuel Pierrat, avocat du propriétaire du nom de domaine "Jeboycottedanone.com", mène une stratégie peu lisible. Il défend le site, mais déclare notamment dans ses conclusion avoir "volontairement choisi de le fermer". Pourquoi ?

REPERES

"Site internet", "nom de domaine" ?
Maître Pierrat a tenté de faire croire qu'il existait deux sites internet. Il n'y avait pourtant qu'un seul, accessible avec plusieurs noms de domaines.

Chronologie
11 avril - 4 juillet 2001 : 7 constats d'huissiers, 3 assignations, 2 millions de francs de "préjudice commercial"...

 
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