Témoignages erronés
Les contre-enquêtes sur notre précédent
dossier, réalisées par les quotidiens français
Le
Monde et Libération,
commencent tous deux par citer les témoins de l'attentat.
Selon ces journaux, leurs témoignages confirmeraient
le crash du Boeing 757-200 sur le Pentagone. Ils citent
notamment Steve Patterson et Mike Walter.
Pourtant, le premier disait précisément
au Washington
Post que l'appareil « avait une contenance
d'environ 8 à 12 personnes » et « faisait
un bruit strident comme celui d'un avion de chasse ».
["appeared to hold about eight to 12 people"
and "sounded like the high-pitched squeal of a fighter"]
Le second expliquait au Washington
Post et à CNN
que « c'était comme un missile de croisière
avec des ailes »... ["it was like
a cruise missile with wings"] Voir les
différents témoignages sur la nature de
l'avion.
Le débris n'est pas issu
d'un Boeing d'American Airlines
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En tout et pour tout, il n'existe qu'une seule
photographie sensée représenter un
débris du Boeing qui se serait écrasé
sur le Pentagone. Cette image du Navy
Times a été très largement
diffusée par Associated Press. Elle est présentée
par de nombreux journaux comme une preuve du crash
du vol 77 d'Americain Airlines sur le Département
de la Défense .
Pourtant, ce bout de tôle tordue [Voir
l'image] ne correpond à aucune pièce
d'un Boeing 757-200 de cette cette compagnie.
On peut observer les images de ces avions dans
tous les sens, on ne trouve nulle part les couleurs
correspondantes.
La présence de rouge et de blanc sur le
débris ne signifie d'ailleurs pas nécessairement
qu'il s'agit des couleurs d'American Airlines, mais
plus prosaïquement de celles des Etats-Unis
d'Amérique.
Il est d'ailleurs étrange que ce « débris
de l'avion » ne soit pas même noirci
alors que l'avion aurait été pulvérisé.
Enfin, le Département de la Défense
a précisé lors d'une conférence
de presse qu'on n'avait pas retrouvé de morceaux
de l'avion à l'extérieur du bâtiment,
à l'exception d'un phare.
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Pourtant, Le Monde du 21 mars 2002, exhibe cette
photographie du « débris »
comme une preuve, sur une page consacrée entièrement
à l'affaire (page 23, voir aussi l'éditorial
page 18). Lors d'un débat télévisé
(« + Clair » sur Canal +, le 23
mars 2002) le journaliste qui a réalisé
la
contre enquête du Monde, Hervé
Kempf, s'est expliqué sur le choix de cette image
avec Thierry Meyssan, auteur du livre L'Effroyable
imposture.
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Thierry Meyssan : « Voilà
une falsification très intéressante.
Le journal Le Monde, qui a cherché
à induire ses lecteurs en erreur, a publié
une photographie qui provient d'un photographe officiel
de la marine des Etats-Unis. »
Daphné Roulier (la présentatrice
de l'émission) : « US
Navy. »
Thierry Meyssan : « Sur cette
photographie, on voit un morceau de métal
qui n'est pas identifiable. [...] Le Département
de la Défense nous a dit qu'il n'y a qu'un
phare de l'avion qui a été retrouvé
sur le pelouse. Donc d'après les autorités,
ceci n'est pas un élément de l'avion.
Pourtant le journal Le Monde [...] utilise
ça comme argument. [Il] fait semblant d'ignorer
cette conférence du 15 septembre dont nous
avons largement discuté ensemble [Thierry
Meyssan et Hervé Kempf]. Et vous m'avez plusieurs
fois interrogé sur cette photographie. Mais
pour en rajouter, ils signalent qu'ils ont contacté
l'auteur de la photographie, le 19 mars, pour s'assurer
de son authenticité - ce dont personne ne
doute, mais qui ne nous apporte strictement rien
quant à la signification de l'image. [...]
Je voudrais savoir pourquoi le journal Le Monde
a voulu induire ses lecteurs en erreur avec cette
photo. [...] »
Daphné Roulier : « Si
je puis me permettre, je crois, Hervé Kempf,
que vous n'étiez pas d'accord avec l'explication
de cette photo. »
Hervé Kempf : « Alors
! C'est très intéressant que M. Meyssan
cite cette photo et ce qu'il en dit est exact. C'est
à dire que je suis d'accord avec lui et il
y a eu un débat au sein de la rédaction
du Monde - parce que la rédaction
ce n'est pas monolithique. Et personnellement, avec
d'autres journalistes, j'étais opposé
à la publication de cette photo qui était
présentée comme un élément
de preuve. Vous avez tout à fait raison de
signaler que ce n'est pas un élément
de preuve et que c'est présenté de
façon à faire croire "Ah !
Vous voyez bien que M. Meyssan a tord puisque voilà
un débris avec un morceau d'avion".
Si on lit attentivement cependant la légende,
on verra qu'il n'y a pas d'ambiguïté. »
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La légende de la photo publiée par Le
Monde n'est effectivement pas du tout ambiguë
:
« Cette image a été prise par
un photographe militaire du Navy Times, le 11 septembre
2001. Selon l'agence Associated Press (AP), qui la diffuse,
la photo montre un débris de l'avion sur l'héliport
ouest du Pentagone. AP précise que des morceaux
ont été éparpillés par le
choc jusqu'à l'autoroute avoisinante. Il s'agit
de l'un des rares documents disponibles dans les agences
photographiques. Mark Faram, l'auteur du cliché,
a confirmé son authenticité au Monde,
mardi 19 mars. »
Par ailleurs, l'éditorial
du journal ne laisse aucun doute sur l'interprétation
qui doit être faite de cette image : « Des
témoins ont vu l'avion avant qu'il ne s'écrase
sur le Pentagone, une photo a même montré
un morceau de fuselage à une centaine de mètres
de l'immeuble ».
C'est ce qu'on appelle une coquille, n'est-ce pas ?
Les experts contradictoires
Dans la même émission, François
Grangier, expert enquêtes-accidents reconnu,
expliquait qu'un avion n'a pas pu percuter la façade.
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François Grangier : « Ce
qu'il y a de certain que quand l'on voit la photo
de cette façade qui est intacte, il est évident
que l'avion n'est pas passé par là.
On peut imaginer qu'un avion de cette taille-là
ne peut pas passer par une fenêtre en laissant
l'encadrement debout. Mais il est évident
que si avion il y a eu il a tapé à
un autre endroit. »
Daphné Roulier : « Donc
un Boeing 757 à cet endroit aurait du faire
beaucoup plus de dégâts ? Vous êtes
d'accord en cela avec Thierry Meyssan ? »
François Grangier : « Précisément
sur la façade, oui. Mais je ne vois pas l'importance
de la chose. Lorsque l'on regarde le site Internet
des architectes du Pentagone, on voit une vague
description d'impact. Mais il ne faut pas voir de
machiavélisme là où il n'y
a que de l'incompétence. Il ne s'agit pas
d'une enquête sur un accident d'avion, il
s'agit d'un acte de terrorisme. »
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La
contre enquête du Monde cite plusieurs
spécialistes sans donner pour autant le moindre
nom : « un pilote de ligne français »,
« les experts aéronautiques consultés
par Le Monde », « un autre ingénieur ».
Au contraire de François Grangier, tous ces spécialistes
anonymes vont dans le sens de la contre enquête
du journal. L'éditorial
du Monde nous apprend : « les
experts expliquent que l'appareil s'est pulvérisé
sous la violence du choc. La parole des experts n'est
certes pas d'Evangile, et il est bon qu'elle soit contestée
par les citoyens. Encore faut-il que cette contestation
s'appuie sur des critères de rigueur où
tous les faits sont pris en compte. Or la rumeur du 11
septembre laisse de côté tout ce qui ne va
pas dans le sens que souhaitent ses propagateurs. Comme
si la réalité n'était qu'affaire
d'opinion et de jugement, comme si elle n'avait aucune
consistance factuelle objective indépendamment
des parti-pris subjectifs. L'information est un travail,
avec ses règles, ses apprentissages, ses vérifications. »
Nous souscrivons totalement au principe édicté
par le quotidien de référence : ne
pas écarter les éléments contradictoires.
De notre côté, nous tentons modestement de
le mettre en pratique.
1 - Les témoins : Boeing
757 ou appareil militaire ?
2 - Les faits : un trou de
2,30 m de diamètre
3 - Les hypothèses : nez
d'avion ou tête de missile ?
PS - Coquille : En jargon journalistique,
faute typographique