Revue de presse nombrilique (2)


Un projet de fous

Politis du 25 janvier 2001

"La réalité se trompe", annonce en exergue L'Asile utopique, webzine un peu déroutant qui préfère se définir comme "le cyber songe d'anges en exil". Déroutant car à la différence de la plupart des webzines, qui s'adressent souvent à une communauté d'intérêt, L'Asile utopique souhaite au contraire "décloisonner, lancer des passerelles entre univers sociaux, culturels et politiques différents". S'y côtoient ainsi des univers très divers : des lettres de prisonniers voisinent avec des reportages sur le monde universitaire (à l'origine, les participants à ce projet avaient réalisé, voilà deux ans et demi, un fanzine sur tare université parisienne).

Fidèle à sa volonté de "tisser des Mens entre démarches artistique et politique, mais aussi entre textes, photos et peintures, entre expos, articles de presse, nouvelles interactives...", L'Asile accueille, au fil de ses rubriques, artistes, chercheurs ou citoyens dont la démarche leur a semblé intéressante. L'exercice prend parfois un côté ludique : un générateur automatique de scénarios vous permet par exemple de devenir en quelques minutes "une scénariste de films hollywoodiens à succès". Comme beaucoup de webzines, L'Asile utopique est un lieu ouvert. Vous pouvez leur soumettre "vos idioties subtiles et réflexions de fond". Les rubriques "Artistes" et "Chercheurs", notamment, sont là pour accueillir ceux qui se lancent dans un travail artistique ou une recherche universitaire. La rubrique "Errances" accueille, quant à elle, des reportages photographiques.

PolitisUne réalisation impeccable, un graphisme soigné, un très beau magazine en ligne sur lequel il est bon - comme vous le suggère le Babil web de la semaine - de s'arrêter.


Le web et le prisonnier

L'Asile Utopique donne la parole à son «correspondant de prison», Franck Astier
par Erwan Cario

L'Ornitho du 25 mars 2001

L'Ornitho"J'étais en train d'écouter l'émission 'Ras les murs" de Radio Libertaire et je suis tombé sur votre annonce disant que vous aimeriez recevoir des lettres de détenus afin de les mettre sur Internet. » C'est ainsi que le 17 novembre 1999, Franck Astier entrait en contact avec la rédaction de L'Asile utopique, ce « Cyber-journal étudiant [qui] s'inscrit dans les réalités sociales ». Depuis, Franck est devenu « correspondant de prison » et nous fait partager, le temps d'une lettre, ce à quoi peut ressembler la vie carcérale en France.

De mois en mois, de lettres en lettres, on découvre, si on ne le savait pas déjà que « ce qui est important dans une société se joue aux marges », comme aimait à le répéter Michel Foucault, fondateur du GIP (Groupe Informations-Prisons). Dès sa deuxième lettre, Franck nous parle des ces prisons « 4 étoiles », ou il a déjà fait deux séjours : « Nous y avions l'eau chaude - pour vous, l'eau chaude c'est naturel, ici, c'est un luxe car peu de prisons l'ont ! Nous avions droit à la douche tous les jours et les cellules étaient propres. » Mais il remet vite les choses à leur place : « Ces prisons 4 étoiles sont semi-privées donc gérées par des sociétés extérieures en ce qui concerne les travaux, le travail en prison, l'alimentation, la gestion des cantines... Ces sociétés ne sont pas entrées dans les prisons pour y faire de bonnes actions mais de l'argent et elles ne s'en privent pas. Il faut aussi savoir qu'en prison rien n'est gratuit. Votre savon, vos rasoirs, shampoing, lessive, café, sucre... c'est vous qui vous l'achetez. Et c'est au minimum 10 % plus cher qu'à l'extérieur. Pour louer un téléviseur, c'est 220 F par mois, alors qu'à l'extérieur cela tourne autour de 100 F. » Il y parle aussi de la difficulté d'avoir un travail et d'envisager une quelconque réinsertion. Il finit cette deuxième lettre en s'excusant presque : « Je me rends compte que j'ai été bien bavard et que je suis parti un peu dans tous les sens. Nous sommes tellement habitués à ne rien dire, à tout garder pour nous que quand ça sort et bien ça part dans tous les sens. » (...)

-Lire l'intégralité de l'article sur L'Ornitho

-Voir la première revue de presse

 
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Libération

Faisant suite à la Une de Libération du 6 avril 2001 (ci-dessus), voici le droit de réponse que nous avons envoyé au journal :

Monsieur,

Conformément à l'article 13 de la loi du 29 juillet 1881, je vous prie, et au besoin vous requiers, d'insérer dans votre prochaine édition (n° 6188, daté du 7 avril 2001) la réponse suivante à votre article intitulé "L'Asile fermera bientôt", paru dans votre édition n° 6187 datée du 6 avril 2001.

Contrairement aux informations que votre journal prétend détenir et qu'il a jugé judicieux d'annoncer en Une, L'Asile ne fermera pas bientôt. Nous tenons à infirmer vivement cette rumeur non fondée. L'Asile utopique, créé au début de l'année 1999, se porte parfaitement bien. Comme les lecteurs de Libération peuvent le constater sur www.asile.org, les internés de L'Asile ont fait de gros progrès qu'il serait malvenu de vouloir arrêter en plein épanouissement. Nous prions instamment votre journal de revenir sur ces propos infondés et traumatisants pour tous nos internés.

Raphaël Meyssan, directeur de L'Asile utopique

 

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