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Dessin : Charles
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C'est
par l'assertion selon laquelle
"l'université ne doit plus être gérée comme avant"
et "qu'il est nécessaire de la
rendre compétitive de l'adapter aux nécessités vitales de
la compétition européenne et mondiale" ,
que Claude Allègre présentait sa réforme de l'Université.
Il poursuivait en indiquant que "les
universités doivent devenir des lieux d'initiatives économiques
où les acteurs de l'établissement joueront le rôle qu'ont
les décideurs, les cadres et les travailleurs dans l'industrie".
Le
Ministère demande en ce moment aux universités
d'organiser la tenue d'un "grand moment démocratique"
concernant les projets pour les universités : il s'agit
bel et bien de réunir IATOSS ,
enseignants et étudiants. Mais quand est-il ? Rien... A
croire que la stratégie de communication de Claude Allègre
est centrée sur le jeu médiatique des petites phrases :
après le "mammouth", les absences d'enseignants,
les considérations physiques de la boulle de pétanque et
de tennis... Un peu d'occupationnel au détriment d'un réel
débat de fond !
L'enjeu
fondamental du débat est celui de l'avenir de
la recherche. Le financement des recherches, qui doit rester
pour l'essentiel public, pourra être complété par "des
financements apportés par des fondations créés par des entreprises.
Certaines dotations pourront même être assorties d'une clause
au terme de laquelle un pourcentage significatif des sommes
engagées sera obligatoirement consacré à l'étude d'application" ...
Malgré tout cela, on nous affirme que, oui à tout jamais,
l'université et la recherche resteront indépendantes ! Qui
croire ? Discours schizophréniques ou stratégie de communication
"eau chaude eau froide" pour arriver à un palliatif
"eau tiède"... "Chat échaudé craint l'eau
froide" dit la doxa ! Selon le
rapport de mission officiel sur la technologie et l'innovation
remis au Ministre par Henri Guillaume, il faudra effectuer
"le recentrage des crédits publics autour de trois
priorités" (création d'entreprises innovantes, soutien
aux entreprises moyennes, renforcement de l'efficacité de
couplage entre la recherche publique et les industriels).
L'Etat aura pour rôle de "soutenir la création par
les établissements d'enseignement supérieur de structures
d'interface professionnelle avec le monde économique".
Comment la recherche qui nécessite du temps, du calme, de
la réflexion trouverait-elle cité au sein de l'économie
mondialisée ? Nous sommes pourtant dans la sphère non marchande
: celle des idées, des avancées éthiques, philosophiques,
techniques...
| "Etudiants,
enseignants, personnels, chercheurs, dormez en paix
c'est toujours le dernier qui a parlé qui a raison..." |
Force
est de constater que la politique ne s'enracine
que dans l'action et non dans le brouillage des ondes :
ce n'est pas en démultipliant les rapports qui vont dans
le même sens, et sans prendre le courage politique
de démentir ou d'accréditer que l'université française grandit.
Un peu de courage, que diable... Certaines choses vont sans
les dire, d'autres en les disant, mais peut-être qu'il ne
faut pas impulser un autre mode de communication : selon
le sondage Sofres du 9 au 12 mars, 79 % des enseignants
désapprouvent majoritairement le Ministre de l'Education,
il serait mal venu que le peuple scolaire soit dans la rue
avant les européennes... c'est vrai qu'il s'agit de préparer
l'Université à l'Europe... Etudiants, enseignants, personnels,
chercheurs, dormez en paix c'est toujours le dernier qui
a parlé qui a raison... Et si c'était celui ou ceux qui
ne disaient rien qui avaient raison... Quand le discours
deviendra - t-il action ? Tiens c'est une idée de pour le
Ministre papivore.
Tony Ben Lahoucine
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