La guerre des profs

Voici l'intégralité des témoignages d'étudiants
"contre la conformité intellectuelle et idéologique".


Présentations: " Contre la conformité intellectuelle et idéologique "

Les témoignages présentés ici – par ordre chronologique – visent à relater quelques faits précis qui éclairent ce qu'une récente motion du Conseil d'Administration a négligemment appelé " l'affligeant spectacle donné par certains enseignants au département d'Anthropologie ".
Pour nous étudiants, la question est moins celle d'un spectacle de plus ou moins bonne qualité que celle, plus sérieuse à nos yeux, des conditions concrètes de nos études. C'est pourquoi nous avons cru utile de publier ces quelques témoignages qui illustrent des problèmes bien réels auxquels nous sommes confrontes.
Il en ressort que M. Sylvain Lazarus, enseignant au département d'Anthropologie, a des agissements nettement discriminatoires, jugeant les étudiants sur des critères non pédagogiques comme aussi il juge leurs directeurs de recherches sur des critères fallacieux le 23 juin en fut l'éclatante démonstration.
Nous insistons pour souligner ces pratiques qui nous sont tout à fait insupportables, et ceci à double titre :
- d'une part, elles manifestent un mépris remarquable pour l'effort et le travail que nous fournissons ; elles abîment nos options personnelles comme aussi la confiance que nous avons en d'autres enseignants et en leurs compétences ;
- d'autre part, elles laissent entendre qu'il y aurait une conformité intellectuelle idéologique dont M. Lazarus se garde bien d'énoncer les critères dont il se prétend le seul dépositaire.
Il ne faut donc pas s'y tromper. Ce qui est pour certains un simple " conflit de personnes " entre enseignants est, pour nous étudiants, bien davantage, puisqu'il se situe dans le cadre d'une Université, espace de recherches et de circulation des idées. Il est une atteinte à cet espace en partage, à la communauté des esprits chères à tous ceux, étudiants ou pas, pour qui penser reste encore un désir et un projet.
C'est pourquoi ce recueil reste ouvert et ne demande qu'à être étoffé Si vous jugez utile de témoigner.

 

Brigitte LOGER
Étudiante en DEA d'Anthropologie
UFR 3, Université de Paris VIII

Le 23 novembre 1998

Par ces quelque lignes, je tiens à faire connaître mon point de vue et mon positionnement concernant les cours obligatoires du département d'anthropologie de l'UFR 3 de Paris VIII.
En tant qu'étudiante dans ce département, en tant que salariée et exerçant un métier qui m'engage ; enfin, en tant que personne pensante, je m'insurge contre les propos diffamants et insultants de Monsieur Lazarus, proférés dans le seul but de disqualifier et tiens ici a faire part de ma révolte.
Je ne tolère plus d'assister à des cours dont le caractère est obligatoire et donnés par un professeur qui par son attitude méprise ses collègues, ses étudiants et la matière qu'il enseigne.
Cela me paraît antinomique avec un enseignement anthropologique.
Comment peut-on participer à un tel enseignement si l'on est digne du nom d'anthropologue et de son propre nom?
Je ne viens pas ici en tant que consommatrice et je tiens a être actrice de ma formation, c'est-à-dire qu'on me permette d'avoir le choix des U.E. qui valideront les diplômes que j'obtiendrais.
Pour ma part, je m'étais inscrite au séminaire d'anthropologie de Maîtrise-DEA de Monsieur Lazarus parce que j'y étais contrainte, étant donné son caractère obligatoire. J'avais déjà assisté à ses cours les années précédentes pour me faire une opinion.
Après ce que j'ai entendu de sa bouche durant la journée du 16 novembre concernant Monsieur Mendes Sargo qui serait selon lui " antisémite ", je ne peux plus, en regard des propos qui résonnent pour moi comme une déclaration de guerre, participer à cet enseignement-là.
Sous prétexte d'obligation, je ne peux plus tolérer l'intolérable de propos arbitraires et fallacieux mettant en cause l'éthique même d'un enseignement.
Lors de son premier cours de Maîtrise-DEA, où j'étais présente le 10 novembre 1998, Monsieur Lazarus nous a fait remplir une fiche de renseignements en nous demandant d'y indiquer le nom de nos directeurs de recherches accompagnant ses propos du fait que nos choix n'étaient pas forcément les bons.
Il se trouve que Monsieur Rey a été le directeur de recherches pour mon mémoire de Maîtrise et que Monsieur Mendes Sargo est le directeur de mes travaux de recherches pour le DEA. Une fois tous ces propos mis bout à bout je me sens à la fois concernée mais aussi consternée et indignée.
Je refuse un endoctrinement que je n'ai pas choisi.
Le choix d'un enseignement de qualité me semble à la mesure de nos attentes et de nos potentiels et les insultes viennent y faire obstacle.
Concrètement, je demande le caractère non obligatoire des conférences ainsi que des sanctions afin de condamner les propos diffamants et l'attitude irrespectueuse de Monsieur Lazarus.
Pour ce qui me concerne, il m'est désormais impossible de soutenir l'existence des cours de Monsieur Lazarus dans de telles conditions et je fais savoir que je n'y participerai plus.

 

AUBERT Michel
Etudiant en Maîtrise de Psychologie
UFR 7, Université de Paris VIII et
en D.U. d'Anthropologie médicale
à l'Université de Bobigny

Le 16 janvier 1999

Par la présente, j'aimerais faire part de mon témoignage concernant certains problèmes que rencontrent des étudiants du département d'Anthropologie de l'UFR 3 de l'Université de Paris VIII.
Je me suis inscrit, il y a quatre ans à l'Université de Paris VIII, en sciences humaines, afin de m'y former en vue d'une recherche sur un thème mal défini à l’époque. En effet, mes centres d’intérêts étaient partagés entre l'Orient, plus particulièrement le Tibet, et l'Occident.
C'est dans ce cadre que la première année d'étude sera marquée par la rencontre avec un enseignement que j'estime de qualité, à l'image de l'enseignant, en la personne de Monsieur Chevanne, tant sur le plan académique qu'humain : ce qui me fera d'ailleurs renouveler chaque année le suivi des U.E. et travaux proposés par cet enseignant.
Grâce au soutien de M. Chevanne, à ses encouragements et à l'intérêt qu'il portait à mon projet de recherche, je décidais de m'engager dans un double cursus. Mais pas dans le département d'Anthropologie. Pourquoi ? Non pour la charge de travail que cela m'aurait occasionné puisque je l'aurais eue ailleurs, mais à cause de l'ambiance qui y régnait et que certains enseignants alimentaient par leurs méthodes.
Déjà le nom de Monsieur Lazarus ne m'était pas étranger et y faisait figure de chef de file. Bon nombre d’étudiants, et plus particulièrement ceux étant sous la direction de recherche de M. Chevanne, se voyaient mis en échec systématique et (ou) sous pression par M. Lazarus :
- barrage systématique a la validation de son U.E.,
- tentative de récupération des étudiants de M. Chevanne (sorte de racolage),
- dénigrement de ce dernier, etc.
Bien sûr, ce sont là des faits que je rapporte connaissant les étudiants concernés et ayant eu des échanges avec eux.
Pour ma part, je n'ai pas eu à subir de tels procédés que je juge indigne d'un enseignant du supérieur. Effectivement, l'hésitation m'avait fait différer mon inscription en double cursus, ce qui du reste me rendra libre de l'emprise mandarinale qu'exercent certains dans ce département.
Quant aux pratiques de M. Sylvain Lazarus, je peux témoigner du fait suivant, survenu le 23 juin 1998, où m'est apparue scandaleuse l'attitude adoptée par M. Lazarus devant une assemblée d'étudiants.
En effet, des amis étudiants, en recherche doctorale, m'avaient sollicité pour participer à la création d'un laboratoire de recherche sur le thème d'une anthropologie nouvelle marquée du sceau de l'universalité et de la transversalité disciplinaire.
Cette réunion de travail, devait réunir tous les étudiants intéressés par le sujet et M. Rey comme responsable du département. Il s'agissait également de mieux nous connaître entre étudiants, d'échanger nos points de vue, et de trouver une ligne directrice sur le thème de l'universalisme.
M. Lazarus profita de l’absence momentanée de M. Rey pour s’imposer avec la seule idée de " démolir " l’image de M. Chevanne auprès des étudiants présents, ce qu'il fera en tenant des propos pour le moins douteux, mais certes diffamateurs et insultants, remettait en cause la capacité et l'autorité de M. Chevanne à enseigner en Université et en disant qu'il ne ferait plus partie de Paris VIII l'année prochaine car sa place était à l'IUT. Créant ainsi, chez les étudiants doctorants de M. Chevanne, le doute et la peur de voir réduit a néant tout leur travail de recherche.
Est-ce là, une attitude digne d'un enseignant du supérieur ? Est-ce cela que l'étudiant est en droit d'attendre de l'Université Française ? Subir les règlements de compte entre professeurs?
D'ailleurs, M. Lazarus n'a fait aucune référence à notre ordre du jour, aucune proposition quant à notre projet, et à nos idées. Il semble que son seul souci et sa seule préoccupation était de discréditer M. Chevanne ce qui aujourd'hui est encore le cas. Sur ce, une étudiante ira chercher M. Chevanne, qui se trouvait à Paris VIII a sa permanence, pour qu'il puisse s'expliquer, car les étudiants travaillant sous sa direction étaient en droit de savoir. Ce qu'il fera, sur l'invitation des étudiants qui lui donneront la parole. Après avoir démenti les propos de son détracteur et ce en présence de M. Rey qui était revenu entre temps, et qui d'ailleurs est resté muet. M. Chevanne nous encouragea dans notre démarche de recherche.
Quelques jours plus tard, le 28 juin 1998, m'apercevant d'un manquement à la règle qui veut qu'un compte rendu de réunion soit le reflet de ce qui se passe, je demandai au groupe de se réunir à nouveau et de revenir sur ce point. J'exprimai ainsi mon désir d'une démarche honnête et réaliste la transparence dans nos actes. Mais je compris très vite que mes collègues se trouvaient dans une position délicate, une position telle qu'ils ne voulaient ou ne pouvaient prendre de risque vis-à-vis de leur soutenance doctorale qui aurait lieu dans un futur proche. Par crainte des représailles, nous avons donc dû renoncer à mentionner l'intervention de M. Lazarus dans notre compte rendu de séance.
Cependant, jugeant scandaleuse cette diffamation publique, nous avons été quelques uns à souhaiter porter cette affaire devant les autorités compétentes. M. Chevanne nous en dissuadera, par souci de nous préserver. Quant à nous qui étions tous ses étudiants, nous ne voulions pas que l'on puisse penser que notre démarche procédait d'une manipulation de M. Chevanne.
Comment est-il possible que de telles choses - un enseignant insulté, et ses étudiants victimes de pratiques discriminatoires et de manoeuvres d'intimidation - aient lieu dans ce département ? Est-il normal qu'un département, quel qu'il soit, soit entre les mains d'un seul homme, qui (par un jeu d'alliance de pouvoir) impose son idéologie et tente d'éradiquer toute différence de pensée ?
Trop souvent, les enjeux de pouvoir font perdre à nos enseignants du supérieur la perspective qui devrait rester la leur celle de prodiguer un enseignement de qualité. On trouve alors des individus plus préoccupés par leurs plans de carrière que par les étudiants et leurs travaux.
Ce qui est sûr, c'est que tout cela a lieu au détriment d'un travail sérieux, et que ce sont les étudiants qui en pâtissent.
Ce qui est sûr, c'est qu'il y a du favoritisme dans la façon dont les professeurs traitent avec les étudiants. Ce ne sont visiblement pas les critères pédagogiques qui sont pris en compte, mais bien plutôt un " camp d'appartenance ".
Ce qui est sûr et d'autant plus grave et scandaleux, c'est que la démocratie est bafouée, et ce par des fonctionnaires eux-mêmes.
Il faut que justice soit faite dans ce département où l'attitude que développe M. Lazarus envers M. Chevanne rend la vie impossible aux étudiants, et en particulier ceux de M. Chevanne, qui sont menacés dans la bonne poursuite de leurs études, pour cette seule et unique raison qu'ils ont choisi d'étudier avec un professeur que M. Lazarus veut expulser du département - ce qui relève, me semble-t-il, de l'interdiction professionnelle pour M. Chevanne, et de l'intimidation pour ses étudiants.
Je souhaite que mon témoignage serve la bonne cause : celle de la vérité, et de la justice pour le bien de la science et des étudiants qui lui accordent une partie de leur vie en s'y consacrant avec toutes leurs convictions et leurs désirs de contribuer à son édifice.
Je souhaite que ce témoignage serve aux autorités compétentes pour que soit mis un terme aux pratiques que j'ai évoquées plus haut, et pour qu’enfin Paris VIII retrouve sa dignité et les étudiants leur fierté d’y avoir été formés.

 

DHARMASENA Susanthe
Étudiant en Doctorat d'Anthropologie
UFR 3, Université de Paris VIII

Le 22 janvier 1999

Etant donné la tournure actuelle des événements au département d'Anthropologie, je me permets d'apporter mon témoignage en faveur de M. Jean-Luc Chevanne, mon directeur de recherche en doctorat qui subit des attaques acharnées de son collègue, M. Lasarus.
J'avais déjà entendu parler de l'attitude de M. Lazarus, mais je n'en avais pas mesuré moi-même l'ampleur jusqu'à ce jour, le 23 juin 1998, où je participais à la réunion d'étudiants doctorants, entre autre concernant la création d'un laboratoire d'Anthropologie.
En effet, M. Lasarus s'est octroyé le droit d'intervenir dans cette réunion, non pas pour y apporter sa contribution en tant qu'enseignant mais à salir l'image de M. Chevanne, professeur en titre d'Anthropologie de Paris VIII, le démolissant sans vergogne sur le plan moral et professionnel :
" M. Chevanne n'était pas professeur d'Université, mais d'IUT, et il n'avait aucune compétence ni qualification à diriger des thèses, etc. ".
Les pratiques utilisées par M. Lazarus sont inadmissibles, indignes d'un enseignant de l'Université et contraires à l'éthique professionnelle, révoltantes aux yeux de tous. Le manque de tenue et de réserve est flagrant tout en déshonorant l'ensemble du corps enseignant de Paris VIII.
Je suis très indigné de la conduite de M. Lazarus en cette occasion et je la déplore. Je ne peux pas non plus admettre que M. Lazarus utilise l'Université Paris VIII pour ses enjeux personnels, encore moins comme un champ de foire où tout est permis.
Je souhaite que justice soit faite et que les dommages moraux et psychiques causés à M. Chevanne, professeur compétent et responsable que j'apprécie et respecte, lui soient rendus à leur juste valeur.

 

CUADRO VALDES Isabel
Étudiante en Doctorat d'Anthropologie
UFR 3, Université de Paris VIII

Le 24 janvier 1999

Par la présente je viens témoigner des faits auxquels j'ai été confrontée depuis quelques années.
Étant étudiante en DEA en 97/98, selon la maquette de ce diplôme, j'avais un cours obligatoire, celui de M. Lazarus. M. Lazarus que je connaissais déjà, puisque admise par équivalence en Licence l'ai dû effectuer une U.E de DEUG et une autre de Licence (entre autres), toutes les deux obligatoires et dictées par ce maîre de conférences. Lors de ces cours, je suis souvent intervenue, souhaitant débattre avec M. Lazarus des idées qu'il nous présentait. Bien qu'étant souvent en désaccord, je les trouvais intéressantes, donc j'étais assidue et fournissais le travail personnel nécessaire. Or, que s'est-il passé lors des partiels de DEUG et de Licence ? Refusant de redire dans mes copies ce que M. Lazarus nous avait en cours donné pour vrai, puisque j'étais en désaccord avec ces idées, j'ai argumenté selon ma pensée propre. Le résultat a été que l'ai été recalée aux deux U.E.
Je tiens à signaler, au passage, que j'ai du affronter un problème identique avec une autre enseignante, Mme Michèle Arrué. J'avais suivi avec elle un cours de licence. " Indianité et modernité en Amérique Latine ", où j'ai eu à intervenir pour faire part de divergences radicales de points de vue, ce qui m'a valu d'être recalée a l'U.E.. Pour l'obtenir, j'ai dû faire un courrier au responsable de la Licence et au jury car cette U.E. manquante m'empêchait d'obtenir le diplôme final.
Connaissant donc la façon d'agir de M. Lazarus et les problèmes auxquels je pouvais être confrontée, j'avais décidé d'assister à ce cours de DEA sans intervenir oralement. Il remettait en cause l'orientation anthropologique de M. P.-P. Rey, en disant que son anthropologie était "complètement dépassée". M. Lazarus n'accepte ni la diversité ni les différences de point de vue et d'analyse. Un exemple parlant fut celui d'un étudiant de l'IEDES qui faisait un exposé sur un de ses textes préférés, Les Mots et les Choses. Il en avait une connaissance approfondie, ayant longuement travaillé ce texte, et nous l'a présenté selon son point de vue. M. Lazarus, qui en avait un autre, a refusé tout débat sur les points de désaccord, disant à cet étudiant, textuellement : " C'est comme ça parce que c'est moi qui le dis ".
Pour le département et pour les étudiants, des comportements comme celui de M. Lazarus sont très graves. A ce moment-là je me disais " heureusement qu'il n'a pas plus de pouvoir ", mais j'étais loin de penser que le fait d'être agréé par la Commission de spécialistes ferait de M. Lazarus l'élu " pour remettre de l'ordre dans IL département " (selon ses propres termes).
M. Lazarus, lors de notre réunion du 23 juin 1998, s'est alors dévoilé dans ses propos.
Cette réunion, à l'initiative de deux étudiants en doctorat, avait pour objectif principal de constituer un groupe de recherche réunissant les doctorants du département d'Anthropologie de Paris VIII. C'était donc une journée de travail. A un moment, M. Lazarus est arrivé, interrompant notre débat pour, soi-disant, nous informer de la nouvelle situation dans le département concernant " les bruits qui courent sur Jean-Luc Chevanne et, ajouta-t-il, moi je vais vous dire la vérité ". Il a commencé a parler de la maquette de la Licence avec les aires géographiques, dont celle de l'Asie. Il n'a pas expliqué ni quand ni par qui fut décidé que l'aire asiatique n'était plus scientifique, mais le fait est qu'elle est restée en dehors de la Licence, et par la même occasion son enseignant, J.-L. Chevanne.
S. Lazarus ne s'est pas arrêté là dans ses explications, il a continué en faisant le procès de l'enseignant. Il nous a expliqué qu'au département (je cite) " il existe depuis plusieurs années une situation qui n'est pas en règle, alors c'est moi qui vais la régler ". Rapidement, nous avons compris que la situation non réglée c'est J.-L. Chevanne et qu'il compte la régler en l'excluant.
Il nous fait en plus un portait du Professeur - qui selon lui n'en est pas un, puisque, toujours selon lui, la réalité est la suivante (je cite) :
" J.-I.. Chevanne n'est qu'un petit employé de bureau, il travaillait au Ministère de l'industrie et c'est P.-P. Rey qui l'a aidé puisqu'il était le directeur de sa thèse. J.-L. Chevanne n'est pas un anthropologue car il a seulement fait des études sur l'audiovisuel. P.-P. Rey l'a aidé dans ses études et lui a proposé de travailler avec lui à l’IUT ". Et à l’IUT, J.-L. Chevanne s'est " retourné contre son père ". " Pour résoudre ce problème et encore l'aider, P.-P. Rey a fait un échange de postes avec Mme Faouzia Belhachemi, pour que J.-L. Chevanne vienne à Paris VIII. Et a Paris VIII, il n'a pas arrêté d'écrire des lettres ".
Pour finir, S. Lazarus nous explique que J.-I.. Chevanne n'est pas un Professeur d'Université, que s'il veut l'être il doit passer devant la Commission des spécialistes et que " il doit retourner a l'IUT ou est son poste. "
Étant moi-même une étudiante de J.-L. Chevanne, il m'a semblé normal que la situation soit clarifiée au plus vite, pour que nous sachions s'il est ou non habilité à diriger des thèses. A notre demande, J.-L. Chevanne vient donc expliquer sommairement sa situation, en présence du Directeur du département, lequel approuve son intervention alors que S. Lazarus était parti.
Ce même jour, j'ai demandé à S. Lazarus de valider mon U.E., et avant même de lire mon travail, il m'interpelle pour me dire :
" Comment se fait-il que vous qui êtes si exigeante ayez comme directeur de recherche cet incapable de J.-L. Chevanne ? Depuis quand est-il expert sur le Chili ? " et ainsi de suite, avec une série de questions sans attendre les réponses. Il a également remis en cause le fait que je travaille avec Mme Olinda Celestino (qui est au CNRS) depuis si longtemps, et m'a demandé de changer de directeur de recherches, ou bien encore de "  réfléchir à un départ de Paris VIII ".
Je pense que la façon d'agir de S. Lazarus relève d'une forme de pensée univoque où il est impossible pour les étudiants de penser différemment. Une telle attitude a pour conséquence d'empêcher une ouverture vers l'universalisme.
Pour servir et valoir ce que de droit.

 

HANQUEZ PASSAVANT Odile
Etudiante en DEA d'Anthropologie
UFR 3, Université de Paris VIII

Le 17 février 1999

Depuis le 23 juin, date à laquelle M. Jean-Luc Chevanne a été diffamé devant mes collègues doctorants par M. Sylvain Lazarus, il a beaucoup été question de ce dernier. Il s'est de nouveau illustré, au mois de novembre, en réitérant auprès de ses étudiants de Licence, Maîtrise et DEA, le discours déjà fait aux doctorants au sujet de son collègue, puis, le 16 du même mois, en accusant M. David-Emmanuel Mendes Sargo d' " antisémitisme ", selon son propre terme, alors que celui-ci organisait une journée d'information destinée à faire savoir à tous dans quelles conditions et de quelle façon un des professeurs de notre département était sur le point d'en être chassé. A l'instar des quelques 200 étudiants du département signataires d'une pétition demandait la réintégration de M. Chevanne en Licence, j'ai été véritablement scandalisée par ces agissements. Cependant nous étions suffisamment nombreux, étudiants et professeurs, à être témoins de leur caractère illégal, et de nature à porter atteinte à l'espace public, pour être en droit d'espérer une sanction dans les plus brefs délais. J'ai donc accordé un intérêt soutenu aux différents développements de cette affaire, et c'est avec satisfaction et soulagement que j’apprit, il y a quelques temps, que diverses instances, parmi lesquelles les plus hautes de l'Université (SNES-Sup, Conseil d’Administration, Conseil d'UFR, etc. – sans compter une intervention directe de Renaud Fabre soi-même), entendaient statuer sur ce cas.
C'est parce que ces instances n'ont pas pris les décisions attendues – ce en quoi j'estime qu'elles ont failli, manqué à leur devoir – que je prends la peine d’apporter ici mon témoignage. Je dis, et c'est sans doute une inélégance, une insistance lourde, que c'est une peine que je prends quand on travaille sur une thèse, qu'on s'apprête à entreprendre ce travail, on a vraiment autre chose à faire que s’occuper des révolutions de couloirs, des rivalités entre professeurs. S'il ne s'agissait de cela, nous n'y aurions pas consacré un instant.
Il faut donc entendre ceci, non seulement comme un témoignage, mais aussi comme une protestation à l'adresse de ceux qui, ayant une fonction dans les instances citées plus haut, ont prétendu statuer et n'ont pas fait leur devoir ; et une pressante demande de sanctions, à l'adresse des mêmes, et des autres : ceux qui ne sont pas intervenus, mais sont en mesure de le faire.
Voici donc mon témoignage, qui portera sur deux points.
Premièrement, je voudrais ajouter ma voix à celle de mes collègues doctorants quant au traitement qui a été réservé par M. Lazarus à M. Chevanne. Comme je l’ai évoqué plus haut, M. Lazarus, le mardi 10 novembre, a répété aux étudiants en Maîtrise et en DEA ce qu'il avait dit le 23 juin. Je n'ai donc rien de nouveau a y ajouter, puisque circulent déjà des témoignages précis sur ce qui a été dit. Ce que pour ma part je voudrais souligner, ce sont les éléments suivants
- En dépit de l'apparente solidité de son argument légaliste (M. Chevanne est en poste à l'IUT, il n'est ici qu'en vertu d'un accord contractuel, renouvelable chaque année), M. Lazasus n'a jamais été capable de répondre à cette question, qui lui a été posée le 10 novembre toutes choses étant égales par ailleurs, pourquoi un accord qui fonctionne sans accroc depuis cinq ans devrait-il aujourd'hui prendre fin ? J'ai également fait observer à M. Lazarus que l'enseignement donné par M. Chevanne allait manquer, que le module concerné allait devenir bancal. Il en a convenu, et m'a assurée qu'il trouverait bientôt un remplaçant. Si rien n'a changé dans la situation, mais que M. Chevanne doit cesser d'enseigner en 1icence, alors que son cours de Licence est reconnu indispensable (puisque quand il manque on prévoit de le remplacer), c'est bien que l'évacuation de M. Chevanne procède de la seule et unique volonté de M. Lazarus.
Sa volonté, pour autant que je sache, n'est pas le critère qu'il sera fait au mieux pour l'espace public.
- Il me semble important de bien insister sur l'aspect diffamatoire et insultant des propos de M. Lazarus au sujet de M. Chevanne. Il a bel et bien remis en cause la capacité de ce dernier à diriger des thèses. Pour appuyer ce propos, il est allé jusqu'à mentir de façon éhontée, puisqu'il a prétendu que quand on faisait une thèse, on la faisait toujours avec un professeur spécialiste du sujet - ce qui par définition est impossible, puisque le seul vrai spécialiste du sujet en question sera l'étudiant, une fois sa thèse terminée. Quoi qu'il en soit, M. Lazarus a très nettement laissé entendre que M. Chevanne n'était spécialiste de rien, qu'il n'était pas sérieux et qu'il était incompétent.
Deuxièmement, je voudrais témoigner de ce qui se passe dans les cours de M. Lazarus, auxquels j'assiste depuis que je suis arrivée au département d'Anthropologie, en Licence. C'est donc la troisième année que j'assiste à ces cours intitulés " Anthropologie de la politique ", et si je compte le cours de DEUG, auquel j'ai assisté comme auditeur libre durant l'année de Licence, pour me mettre au courant, j'ai entendu ce cours quatre fois. Sauf cette année, qui a été consacrée à l’étude d’un texte de Foucault, le contenu a été plus ou moins le même les trois fois. Mon témoignage s’appuie donc sur une certaine expérience.
L'anthropologie de la politique telle que l'enseigne M. Lazarus me semble caractérisée par la démarche suivante :
- D'une part, M. Lazarus nous présente ses propres thèses sur la politique, et nous enseigne, pas à pas, avec quels instruments conceptuels il les a élaborées. Cette démarche semble indiquer une volonté de nous en faire prendre la mesure, par rapport à ce qui se fait par ailleurs, avec l'idée de les soumettre au débat public ;
- M. Lazarus ne se cache pas de faire de la politique. Cependant, il ne dit pas que les thèses qu'il a sur la politique, il les a élaborées en faisant de la politique, et non de l’anthropologie. Il ne dit pas non plus que le discours qu'il tient est très loin d'être partagé, et même loin d'avoir droit de cité parmi les autres discours tenus chez les anthropologues ;
- Mais d'autre part, l'enseignement de M. Lazarus est d'une rare indigence pour ce qui concerne l'anthropologie du/de la politique en général. Il n'a jamais pris la peine – pas même en licence, alors que cette année est une année charnière à l'Université, on acquiert les éléments fondamentaux de la discipline – de nous présenter les thèses couramment admises ou en discussion dans ce domaine. En 1994-95, il a ainsi consacré une séance et demie à l'étude des textes de Leach, Lévi-Strauss et Balandier. Son intervention se limitait à la reprise d'exposés effectués par des étudiants, et se concluait par l'incapacité définitive des trois anthropologues cités à penser la politique ;
- Enfin, ceux qui ont tenté l'entreprise en ont fait l'amère expérience : il n'est pas possible, dans une copie d'examen, ou lors d'un cours, de dire que la politique est autre chose que ce qu'en dit M. Lazarus. Il est bien connu de tous ses étudiants que pour avoir l'U.V., il faut répéter ce qu'il a dit en cours, même Si l'on n'a rien compris, même si l'en n'est pas d'accord.
En résumé, M. Lazarus n'enseigne rien d'autre que sa doctrine en politique, sans donner aux étudiants ni les moyens ni le droit de la critiquer, sans indiquer clairement qu'elle n'est qu'une doctrine parmi d'autres. En voulant l'imposer aux étudiants comme exclusivement vraie, ce qui ne serait qu'une pratique pédagogique contestable, le caractère obligatoire de l'U.V. en fait un appel insupportable à l’assentiment, une obstruction insidieuse et violente au public d'accéder à la recherche par d'autres truchements que celui de sa personne.
Qu'aucune sanction n'ait été prise contre S. Lazarus, qu'il ait pu en toute impunité insulter deux de ses collègues et tenté d'empêcher l'un des deux d'enseigner qu'il rende obligatoires ses thèses quand il laisse ses étudiants dans la plus complète ignorance des savoirs et des problèmes en partage dans la discipline, est pour moi un véritable scandale.
Depuis que je suis dans cette université, ceux de mes professeurs dont j'estime le plus les compétences, régulièrement, me glissent à l'oreille un discours dont la substance est "  Tu es une bonne étudiante, ne reste pas ici. Va à l'EHESS, c'est quand même beaucoup mieux. Là-bas les gens travaillent vraiment ". Si les plus hautes instances de l'Université ne prennent pas fermement position, je finirai par me poser des questions sur le bien-fondé de ma présence à Paris VIII, et par acquiescer à tous ceux – avec à leur tête les gens de l'EHESS – qui sourient d'un air entendu quand on leur parle de Paris VIII en général, et de son département d'Anthropologie en particulier.

 

 
La "Une"       Ecrivez - vivez !

 


 Documents

L'Acte d’accusation
de David Emmanuel Mendes Sargo

Les témoignages
d'étudiants contre Sylvain Lazarus
(février 1999)

Vers un Conseil de discipline ?
La Motion du Conseil d'Administration de l'Université

L'Asile utopique
Présentation
Archives



désabonnement