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Présentations: " Contre la
conformité intellectuelle et idéologique "
Les témoignages présentés ici par
ordre chronologique visent à relater quelques faits
précis qui éclairent ce qu'une récente motion du Conseil
d'Administration a négligemment appelé " l'affligeant
spectacle donné par certains enseignants au département
d'Anthropologie ".
Pour nous étudiants, la question est moins celle d'un spectacle
de plus ou moins bonne qualité que celle, plus sérieuse
à nos yeux, des conditions concrètes de nos études. C'est
pourquoi nous avons cru utile de publier ces quelques témoignages
qui illustrent des problèmes bien réels auxquels nous sommes
confrontes.
Il en ressort que M. Sylvain Lazarus, enseignant au département
d'Anthropologie, a des agissements nettement discriminatoires,
jugeant les étudiants sur des critères non pédagogiques
comme aussi il juge leurs directeurs de recherches sur des
critères fallacieux le 23 juin en fut l'éclatante démonstration.
Nous insistons pour souligner ces pratiques qui nous sont
tout à fait insupportables, et ceci à double titre :
- d'une part, elles manifestent un mépris remarquable pour
l'effort et le travail que nous fournissons ; elles abîment
nos options personnelles comme aussi la confiance que nous
avons en d'autres enseignants et en leurs compétences ;
- d'autre part, elles laissent entendre qu'il y aurait une
conformité intellectuelle idéologique dont M. Lazarus se
garde bien d'énoncer les critères dont il se prétend le
seul dépositaire.
Il ne faut donc pas s'y tromper. Ce qui est pour certains
un simple " conflit de personnes " entre
enseignants est, pour nous étudiants, bien davantage, puisqu'il
se situe dans le cadre d'une Université, espace de recherches
et de circulation des idées. Il est une atteinte à cet espace
en partage, à la communauté des esprits chères à tous ceux,
étudiants ou pas, pour qui penser reste encore un désir
et un projet.
C'est pourquoi ce recueil reste ouvert et ne demande qu'à
être étoffé Si vous jugez utile de témoigner.
Brigitte LOGER
Étudiante en DEA d'Anthropologie
UFR 3, Université de Paris VIII
Le 23 novembre 1998
Par ces quelque lignes, je tiens à faire
connaître mon point de vue et mon positionnement concernant
les cours obligatoires du département d'anthropologie de
l'UFR 3 de Paris VIII.
En tant qu'étudiante dans ce département, en tant que salariée
et exerçant un métier qui m'engage ; enfin, en tant que
personne pensante, je m'insurge contre les propos diffamants
et insultants de Monsieur Lazarus, proférés dans le seul
but de disqualifier et tiens ici a faire part de ma révolte.
Je ne tolère plus d'assister à des cours dont le caractère
est obligatoire et donnés par un professeur qui par son
attitude méprise ses collègues, ses étudiants et la matière
qu'il enseigne.
Cela me paraît antinomique avec un enseignement anthropologique.
Comment peut-on participer à un tel enseignement si l'on
est digne du nom d'anthropologue et de son propre nom?
Je ne viens pas ici en tant que consommatrice et je tiens
a être actrice de ma formation, c'est-à-dire qu'on me permette
d'avoir le choix des U.E. qui valideront les diplômes que
j'obtiendrais.
Pour ma part, je m'étais inscrite au séminaire d'anthropologie
de Maîtrise-DEA de Monsieur Lazarus parce que j'y étais
contrainte, étant donné son caractère obligatoire. J'avais
déjà assisté à ses cours les années précédentes pour me
faire une opinion.
Après ce que j'ai entendu de sa bouche durant la journée
du 16 novembre concernant Monsieur Mendes Sargo qui serait
selon lui " antisémite ", je ne peux
plus, en regard des propos qui résonnent pour moi comme
une déclaration de guerre, participer à cet enseignement-là.
Sous prétexte d'obligation, je ne peux plus tolérer l'intolérable
de propos arbitraires et fallacieux mettant en cause l'éthique
même d'un enseignement.
Lors de son premier cours de Maîtrise-DEA, où j'étais présente
le 10 novembre 1998, Monsieur Lazarus nous a fait remplir
une fiche de renseignements en nous demandant d'y indiquer
le nom de nos directeurs de recherches accompagnant ses
propos du fait que nos choix n'étaient pas forcément les
bons.
Il se trouve que Monsieur Rey a été le directeur de recherches
pour mon mémoire de Maîtrise et que Monsieur Mendes Sargo
est le directeur de mes travaux de recherches pour le DEA.
Une fois tous ces propos mis bout à bout je me sens à la
fois concernée mais aussi consternée et indignée.
Je refuse un endoctrinement que je n'ai pas choisi.
Le choix d'un enseignement de qualité me semble à la mesure
de nos attentes et de nos potentiels et les insultes viennent
y faire obstacle.
Concrètement, je demande le caractère non obligatoire des
conférences ainsi que des sanctions afin de condamner les
propos diffamants et l'attitude irrespectueuse de Monsieur
Lazarus.
Pour ce qui me concerne, il m'est désormais impossible de
soutenir l'existence des cours de Monsieur Lazarus dans
de telles conditions et je fais savoir que je n'y participerai
plus.
AUBERT Michel
Etudiant en Maîtrise de Psychologie
UFR 7, Université de Paris VIII et
en D.U. d'Anthropologie médicale
à l'Université de Bobigny
Le 16 janvier 1999
Par la présente, j'aimerais faire part
de mon témoignage concernant certains problèmes que rencontrent
des étudiants du département d'Anthropologie de l'UFR 3
de l'Université de Paris VIII.
Je me suis inscrit, il y a quatre ans à l'Université de
Paris VIII, en sciences humaines, afin de m'y former en
vue d'une recherche sur un thème mal défini à lépoque.
En effet, mes centres dintérêts étaient partagés entre
l'Orient, plus particulièrement le Tibet, et l'Occident.
C'est dans ce cadre que la première année d'étude sera marquée
par la rencontre avec un enseignement que j'estime de qualité,
à l'image de l'enseignant, en la personne de Monsieur Chevanne,
tant sur le plan académique qu'humain : ce qui me fera d'ailleurs
renouveler chaque année le suivi des U.E. et travaux proposés
par cet enseignant.
Grâce au soutien de M. Chevanne, à ses encouragements et
à l'intérêt qu'il portait à mon projet de recherche, je
décidais de m'engager dans un double cursus. Mais pas dans
le département d'Anthropologie. Pourquoi ? Non pour la charge
de travail que cela m'aurait occasionné puisque je l'aurais
eue ailleurs, mais à cause de l'ambiance qui y régnait et
que certains enseignants alimentaient par leurs méthodes.
Déjà le nom de Monsieur Lazarus ne m'était pas étranger
et y faisait figure de chef de file. Bon nombre détudiants,
et plus particulièrement ceux étant sous la direction de
recherche de M. Chevanne, se voyaient mis en échec systématique
et (ou) sous pression par M. Lazarus :
- barrage systématique a la validation de son U.E.,
- tentative de récupération des étudiants de M. Chevanne
(sorte de racolage),
- dénigrement de ce dernier, etc.
Bien sûr, ce sont là des faits que je rapporte connaissant
les étudiants concernés et ayant eu des échanges avec eux.
Pour ma part, je n'ai pas eu à subir de tels procédés que
je juge indigne d'un enseignant du supérieur. Effectivement,
l'hésitation m'avait fait différer mon inscription en double
cursus, ce qui du reste me rendra libre de l'emprise mandarinale
qu'exercent certains dans ce département.
Quant aux pratiques de M. Sylvain Lazarus, je peux témoigner
du fait suivant, survenu le 23 juin 1998, où m'est apparue
scandaleuse l'attitude adoptée par M. Lazarus devant une
assemblée d'étudiants.
En effet, des amis étudiants, en recherche doctorale, m'avaient
sollicité pour participer à la création d'un laboratoire
de recherche sur le thème d'une anthropologie nouvelle marquée
du sceau de l'universalité et de la transversalité disciplinaire.
Cette réunion de travail, devait réunir tous les étudiants
intéressés par le sujet et M. Rey comme responsable du département.
Il s'agissait également de mieux nous connaître entre étudiants,
d'échanger nos points de vue, et de trouver une ligne directrice
sur le thème de l'universalisme.
M. Lazarus profita de labsence momentanée de M. Rey
pour simposer avec la seule idée de " démolir "
limage de M. Chevanne auprès des étudiants présents,
ce qu'il fera en tenant des propos pour le moins douteux,
mais certes diffamateurs et insultants, remettait en cause
la capacité et l'autorité de M. Chevanne à enseigner en
Université et en disant qu'il ne ferait plus partie de Paris
VIII l'année prochaine car sa place était à l'IUT. Créant
ainsi, chez les étudiants doctorants de M. Chevanne, le
doute et la peur de voir réduit a néant tout leur travail
de recherche.
Est-ce là, une attitude digne d'un enseignant du supérieur
? Est-ce cela que l'étudiant est en droit d'attendre de
l'Université Française ? Subir les règlements de compte
entre professeurs?
D'ailleurs, M. Lazarus n'a fait aucune référence à notre
ordre du jour, aucune proposition quant à notre projet,
et à nos idées. Il semble que son seul souci et sa seule
préoccupation était de discréditer M. Chevanne ce qui aujourd'hui
est encore le cas. Sur ce, une étudiante ira chercher M.
Chevanne, qui se trouvait à Paris VIII a sa permanence,
pour qu'il puisse s'expliquer, car les étudiants travaillant
sous sa direction étaient en droit de savoir. Ce qu'il fera,
sur l'invitation des étudiants qui lui donneront la parole.
Après avoir démenti les propos de son détracteur et ce en
présence de M. Rey qui était revenu entre temps, et qui
d'ailleurs est resté muet. M. Chevanne nous encouragea dans
notre démarche de recherche.
Quelques jours plus tard, le 28 juin 1998, m'apercevant
d'un manquement à la règle qui veut qu'un compte rendu de
réunion soit le reflet de ce qui se passe, je demandai au
groupe de se réunir à nouveau et de revenir sur ce point.
J'exprimai ainsi mon désir d'une démarche honnête et réaliste
la transparence dans nos actes. Mais je compris très vite
que mes collègues se trouvaient dans une position délicate,
une position telle qu'ils ne voulaient ou ne pouvaient prendre
de risque vis-à-vis de leur soutenance doctorale qui aurait
lieu dans un futur proche. Par crainte des représailles,
nous avons donc dû renoncer à mentionner l'intervention
de M. Lazarus dans notre compte rendu de séance.
Cependant, jugeant scandaleuse cette diffamation publique,
nous avons été quelques uns à souhaiter porter cette affaire
devant les autorités compétentes. M. Chevanne nous en dissuadera,
par souci de nous préserver. Quant à nous qui étions tous
ses étudiants, nous ne voulions pas que l'on puisse penser
que notre démarche procédait d'une manipulation de M. Chevanne.
Comment est-il possible que de telles choses - un enseignant
insulté, et ses étudiants victimes de pratiques discriminatoires
et de manoeuvres d'intimidation - aient lieu dans ce département ?
Est-il normal qu'un département, quel qu'il soit, soit entre
les mains d'un seul homme, qui (par un jeu d'alliance de
pouvoir) impose son idéologie et tente d'éradiquer toute
différence de pensée ?
Trop souvent, les enjeux de pouvoir font perdre à nos enseignants
du supérieur la perspective qui devrait rester la leur celle
de prodiguer un enseignement de qualité. On trouve alors
des individus plus préoccupés par leurs plans de carrière
que par les étudiants et leurs travaux.
Ce qui est sûr, c'est que tout cela a lieu au détriment
d'un travail sérieux, et que ce sont les étudiants qui en
pâtissent.
Ce qui est sûr, c'est qu'il y a du favoritisme dans la façon
dont les professeurs traitent avec les étudiants. Ce ne
sont visiblement pas les critères pédagogiques qui sont
pris en compte, mais bien plutôt un " camp d'appartenance ".
Ce qui est sûr et d'autant plus grave et scandaleux, c'est
que la démocratie est bafouée, et ce par des fonctionnaires
eux-mêmes.
Il faut que justice soit faite dans ce département où l'attitude
que développe M. Lazarus envers M. Chevanne rend la vie
impossible aux étudiants, et en particulier ceux de M. Chevanne,
qui sont menacés dans la bonne poursuite de leurs études,
pour cette seule et unique raison qu'ils ont choisi d'étudier
avec un professeur que M. Lazarus veut expulser du département
- ce qui relève, me semble-t-il, de l'interdiction professionnelle
pour M. Chevanne, et de l'intimidation pour ses étudiants.
Je souhaite que mon témoignage serve la bonne cause : celle
de la vérité, et de la justice pour le bien de la science
et des étudiants qui lui accordent une partie de leur vie
en s'y consacrant avec toutes leurs convictions et leurs
désirs de contribuer à son édifice.
Je souhaite que ce témoignage serve aux autorités compétentes
pour que soit mis un terme aux pratiques que j'ai évoquées
plus haut, et pour quenfin Paris VIII retrouve sa
dignité et les étudiants leur fierté dy avoir été
formés.
DHARMASENA Susanthe
Étudiant en Doctorat d'Anthropologie
UFR 3, Université de Paris VIII
Le 22 janvier 1999
Etant donné la tournure actuelle des événements
au département d'Anthropologie, je me permets d'apporter
mon témoignage en faveur de M. Jean-Luc Chevanne, mon directeur
de recherche en doctorat qui subit des attaques acharnées
de son collègue, M. Lasarus.
J'avais déjà entendu parler de l'attitude de M. Lazarus,
mais je n'en avais pas mesuré moi-même l'ampleur jusqu'à
ce jour, le 23 juin 1998, où je participais à la réunion
d'étudiants doctorants, entre autre concernant la création
d'un laboratoire d'Anthropologie.
En effet, M. Lasarus s'est octroyé le droit d'intervenir
dans cette réunion, non pas pour y apporter sa contribution
en tant qu'enseignant mais à salir l'image de M. Chevanne,
professeur en titre d'Anthropologie de Paris VIII, le démolissant
sans vergogne sur le plan moral et professionnel :
" M. Chevanne n'était pas professeur d'Université,
mais d'IUT, et il n'avait aucune compétence ni qualification
à diriger des thèses, etc. ".
Les pratiques utilisées par M. Lazarus sont inadmissibles,
indignes d'un enseignant de l'Université et contraires à
l'éthique professionnelle, révoltantes aux yeux de tous.
Le manque de tenue et de réserve est flagrant tout en déshonorant
l'ensemble du corps enseignant de Paris VIII.
Je suis très indigné de la conduite de M. Lazarus en cette
occasion et je la déplore. Je ne peux pas non plus admettre
que M. Lazarus utilise l'Université Paris VIII pour ses
enjeux personnels, encore moins comme un champ de foire
où tout est permis.
Je souhaite que justice soit faite et que les dommages moraux
et psychiques causés à M. Chevanne, professeur compétent
et responsable que j'apprécie et respecte, lui soient rendus
à leur juste valeur.
CUADRO VALDES
Isabel
Étudiante en Doctorat d'Anthropologie
UFR 3, Université de Paris VIII
Le 24 janvier 1999
Par la présente je viens témoigner des
faits auxquels j'ai été confrontée depuis quelques années.
Étant étudiante en DEA en 97/98, selon la maquette de ce
diplôme, j'avais un cours obligatoire, celui de M. Lazarus.
M. Lazarus que je connaissais déjà, puisque admise par équivalence
en Licence l'ai dû effectuer une U.E de DEUG et une autre
de Licence (entre autres), toutes les deux obligatoires
et dictées par ce maîre de conférences. Lors de ces cours,
je suis souvent intervenue, souhaitant débattre avec M.
Lazarus des idées qu'il nous présentait. Bien qu'étant souvent
en désaccord, je les trouvais intéressantes, donc j'étais
assidue et fournissais le travail personnel nécessaire.
Or, que s'est-il passé lors des partiels de DEUG et de Licence
? Refusant de redire dans mes copies ce que M. Lazarus nous
avait en cours donné pour vrai, puisque j'étais en désaccord
avec ces idées, j'ai argumenté selon ma pensée propre. Le
résultat a été que l'ai été recalée aux deux U.E.
Je tiens à signaler, au passage, que j'ai du affronter un
problème identique avec une autre enseignante, Mme Michèle
Arrué. J'avais suivi avec elle un cours de licence. " Indianité
et modernité en Amérique Latine ", où j'ai eu
à intervenir pour faire part de divergences radicales de
points de vue, ce qui m'a valu d'être recalée a l'U.E..
Pour l'obtenir, j'ai dû faire un courrier au responsable
de la Licence et au jury car cette U.E. manquante m'empêchait
d'obtenir le diplôme final.
Connaissant donc la façon d'agir de M. Lazarus et les problèmes
auxquels je pouvais être confrontée, j'avais décidé d'assister
à ce cours de DEA sans intervenir oralement. Il remettait
en cause l'orientation anthropologique de M. P.-P. Rey,
en disant que son anthropologie était "complètement
dépassée". M. Lazarus n'accepte ni la diversité ni
les différences de point de vue et d'analyse. Un exemple
parlant fut celui d'un étudiant de l'IEDES qui faisait un
exposé sur un de ses textes préférés, Les Mots et les
Choses. Il en avait une connaissance approfondie, ayant
longuement travaillé ce texte, et nous l'a présenté selon
son point de vue. M. Lazarus, qui en avait un autre, a refusé
tout débat sur les points de désaccord, disant à cet étudiant,
textuellement : " C'est comme ça parce que
c'est moi qui le dis ".
Pour le département et pour les étudiants, des comportements
comme celui de M. Lazarus sont très graves. A ce moment-là
je me disais " heureusement qu'il n'a pas plus
de pouvoir ", mais j'étais loin de penser que
le fait d'être agréé par la Commission de spécialistes ferait
de M. Lazarus l'élu " pour remettre de l'ordre
dans IL département " (selon ses propres termes).
M. Lazarus, lors de notre réunion du 23 juin 1998, s'est
alors dévoilé dans ses propos.
Cette réunion, à l'initiative de deux étudiants en doctorat,
avait pour objectif principal de constituer un groupe de
recherche réunissant les doctorants du département d'Anthropologie
de Paris VIII. C'était donc une journée de travail. A un
moment, M. Lazarus est arrivé, interrompant notre débat
pour, soi-disant, nous informer de la nouvelle situation
dans le département concernant " les bruits qui
courent sur Jean-Luc Chevanne et, ajouta-t-il, moi je vais
vous dire la vérité ". Il a commencé a parler
de la maquette de la Licence avec les aires géographiques,
dont celle de l'Asie. Il n'a pas expliqué ni quand ni par
qui fut décidé que l'aire asiatique n'était plus scientifique,
mais le fait est qu'elle est restée en dehors de la Licence,
et par la même occasion son enseignant, J.-L. Chevanne.
S. Lazarus ne s'est pas arrêté là dans ses explications,
il a continué en faisant le procès de l'enseignant. Il nous
a expliqué qu'au département (je cite) " il existe
depuis plusieurs années une situation qui n'est pas en règle,
alors c'est moi qui vais la régler ". Rapidement,
nous avons compris que la situation non réglée c'est J.-L.
Chevanne et qu'il compte la régler en l'excluant.
Il nous fait en plus un portait du Professeur - qui selon
lui n'en est pas un, puisque, toujours selon lui, la réalité
est la suivante (je cite) :
" J.-I.. Chevanne n'est qu'un petit employé de
bureau, il travaillait au Ministère de l'industrie et c'est
P.-P. Rey qui l'a aidé puisqu'il était le directeur de sa
thèse. J.-L. Chevanne n'est pas un anthropologue car il
a seulement fait des études sur l'audiovisuel. P.-P. Rey
l'a aidé dans ses études et lui a proposé de travailler
avec lui à lIUT ". Et à lIUT, J.-L.
Chevanne s'est " retourné contre son père ".
" Pour résoudre ce problème et encore l'aider,
P.-P. Rey a fait un échange de postes avec Mme Faouzia Belhachemi,
pour que J.-L. Chevanne vienne à Paris VIII. Et a Paris
VIII, il n'a pas arrêté d'écrire des lettres ".
Pour finir, S. Lazarus nous explique que J.-I.. Chevanne
n'est pas un Professeur d'Université, que s'il veut l'être
il doit passer devant la Commission des spécialistes et
que " il doit retourner a l'IUT ou est son poste. "
Étant moi-même une étudiante de J.-L. Chevanne, il m'a semblé
normal que la situation soit clarifiée au plus vite, pour
que nous sachions s'il est ou non habilité à diriger des
thèses. A notre demande, J.-L. Chevanne vient donc expliquer
sommairement sa situation, en présence du Directeur du département,
lequel approuve son intervention alors que S. Lazarus était
parti.
Ce même jour, j'ai demandé à S. Lazarus de valider mon U.E.,
et avant même de lire mon travail, il m'interpelle pour
me dire :
" Comment se fait-il que vous qui êtes si exigeante
ayez comme directeur de recherche cet incapable de J.-L.
Chevanne ? Depuis quand est-il expert sur le Chili ? "
et ainsi de suite, avec une série de questions sans attendre
les réponses. Il a également remis en cause le fait que
je travaille avec Mme Olinda Celestino (qui est au CNRS)
depuis si longtemps, et m'a demandé de changer de directeur
de recherches, ou bien encore de " réfléchir
à un départ de Paris VIII ".
Je pense que la façon d'agir de S. Lazarus relève d'une
forme de pensée univoque où il est impossible pour les étudiants
de penser différemment. Une telle attitude a pour conséquence
d'empêcher une ouverture vers l'universalisme.
Pour servir et valoir ce que de droit.
HANQUEZ PASSAVANT
Odile
Etudiante en DEA d'Anthropologie
UFR 3, Université de Paris VIII
Le 17 février 1999
Depuis le 23 juin, date à laquelle M. Jean-Luc
Chevanne a été diffamé devant mes collègues doctorants par
M. Sylvain Lazarus, il a beaucoup été question de ce dernier.
Il s'est de nouveau illustré, au mois de novembre, en réitérant
auprès de ses étudiants de Licence, Maîtrise et DEA, le
discours déjà fait aux doctorants au sujet de son collègue,
puis, le 16 du même mois, en accusant M. David-Emmanuel
Mendes Sargo d' " antisémitisme ", selon
son propre terme, alors que celui-ci organisait une journée
d'information destinée à faire savoir à tous dans quelles
conditions et de quelle façon un des professeurs de notre
département était sur le point d'en être chassé. A l'instar
des quelques 200 étudiants du département signataires d'une
pétition demandait la réintégration de M. Chevanne en Licence,
j'ai été véritablement scandalisée par ces agissements.
Cependant nous étions suffisamment nombreux, étudiants et
professeurs, à être témoins de leur caractère illégal, et
de nature à porter atteinte à l'espace public, pour être
en droit d'espérer une sanction dans les plus brefs délais.
J'ai donc accordé un intérêt soutenu aux différents développements
de cette affaire, et c'est avec satisfaction et soulagement
que japprit, il y a quelques temps, que diverses instances,
parmi lesquelles les plus hautes de l'Université (SNES-Sup,
Conseil dAdministration, Conseil d'UFR, etc.
sans compter une intervention directe de Renaud Fabre soi-même),
entendaient statuer sur ce cas.
C'est parce que ces instances n'ont pas pris les décisions
attendues ce en quoi j'estime qu'elles ont failli,
manqué à leur devoir que je prends la peine dapporter
ici mon témoignage. Je dis, et c'est sans doute une inélégance,
une insistance lourde, que c'est une peine que je prends
quand on travaille sur une thèse, qu'on s'apprête à entreprendre
ce travail, on a vraiment autre chose à faire que soccuper
des révolutions de couloirs, des rivalités entre professeurs.
S'il ne s'agissait de cela, nous n'y aurions pas consacré
un instant.
Il faut donc entendre ceci, non seulement comme un témoignage,
mais aussi comme une protestation à l'adresse de ceux qui,
ayant une fonction dans les instances citées plus haut,
ont prétendu statuer et n'ont pas fait leur devoir ; et
une pressante demande de sanctions, à l'adresse des mêmes,
et des autres : ceux qui ne sont pas intervenus, mais sont
en mesure de le faire.
Voici donc mon témoignage, qui portera sur deux points.
Premièrement, je voudrais ajouter ma voix à celle de mes
collègues doctorants quant au traitement qui a été réservé
par M. Lazarus à M. Chevanne. Comme je lai évoqué
plus haut, M. Lazarus, le mardi 10 novembre, a répété aux
étudiants en Maîtrise et en DEA ce qu'il avait dit le 23
juin. Je n'ai donc rien de nouveau a y ajouter, puisque
circulent déjà des témoignages précis sur ce qui a été dit.
Ce que pour ma part je voudrais souligner, ce sont les éléments
suivants
- En dépit de l'apparente solidité de son argument légaliste
(M. Chevanne est en poste à l'IUT, il n'est ici qu'en vertu
d'un accord contractuel, renouvelable chaque année), M.
Lazasus n'a jamais été capable de répondre à cette question,
qui lui a été posée le 10 novembre toutes choses étant égales
par ailleurs, pourquoi un accord qui fonctionne sans accroc
depuis cinq ans devrait-il aujourd'hui prendre fin ? J'ai
également fait observer à M. Lazarus que l'enseignement
donné par M. Chevanne allait manquer, que le module concerné
allait devenir bancal. Il en a convenu, et m'a assurée qu'il
trouverait bientôt un remplaçant. Si rien n'a changé dans
la situation, mais que M. Chevanne doit cesser d'enseigner
en 1icence, alors que son cours de Licence est reconnu indispensable
(puisque quand il manque on prévoit de le remplacer), c'est
bien que l'évacuation de M. Chevanne procède de la seule
et unique volonté de M. Lazarus.
Sa volonté, pour autant que je sache, n'est pas le critère
qu'il sera fait au mieux pour l'espace public.
- Il me semble important de bien insister sur l'aspect diffamatoire
et insultant des propos de M. Lazarus au sujet de M. Chevanne.
Il a bel et bien remis en cause la capacité de ce dernier
à diriger des thèses. Pour appuyer ce propos, il est allé
jusqu'à mentir de façon éhontée, puisqu'il a prétendu que
quand on faisait une thèse, on la faisait toujours avec
un professeur spécialiste du sujet - ce qui par définition
est impossible, puisque le seul vrai spécialiste du sujet
en question sera l'étudiant, une fois sa thèse terminée.
Quoi qu'il en soit, M. Lazarus a très nettement laissé entendre
que M. Chevanne n'était spécialiste de rien, qu'il n'était
pas sérieux et qu'il était incompétent.
Deuxièmement, je voudrais témoigner de ce qui se passe dans
les cours de M. Lazarus, auxquels j'assiste depuis que je
suis arrivée au département d'Anthropologie, en Licence.
C'est donc la troisième année que j'assiste à ces cours
intitulés " Anthropologie de la politique ",
et si je compte le cours de DEUG, auquel j'ai assisté comme
auditeur libre durant l'année de Licence, pour me mettre
au courant, j'ai entendu ce cours quatre fois. Sauf cette
année, qui a été consacrée à létude dun texte
de Foucault, le contenu a été plus ou moins le même les
trois fois. Mon témoignage sappuie donc sur une certaine
expérience.
L'anthropologie de la politique telle que l'enseigne M.
Lazarus me semble caractérisée par la démarche suivante :
- D'une part, M. Lazarus nous présente ses propres thèses
sur la politique, et nous enseigne, pas à pas, avec quels
instruments conceptuels il les a élaborées. Cette démarche
semble indiquer une volonté de nous en faire prendre la
mesure, par rapport à ce qui se fait par ailleurs, avec
l'idée de les soumettre au débat public ;
- M. Lazarus ne se cache pas de faire de la politique. Cependant,
il ne dit pas que les thèses qu'il a sur la politique, il
les a élaborées en faisant de la politique, et non de lanthropologie.
Il ne dit pas non plus que le discours qu'il tient est très
loin d'être partagé, et même loin d'avoir droit de cité
parmi les autres discours tenus chez les anthropologues ;
- Mais d'autre part, l'enseignement de M. Lazarus est d'une
rare indigence pour ce qui concerne l'anthropologie du/de
la politique en général. Il n'a jamais pris la peine
pas même en licence, alors que cette année est une année
charnière à l'Université, on acquiert les éléments fondamentaux
de la discipline de nous présenter les thèses couramment
admises ou en discussion dans ce domaine. En 1994-95, il
a ainsi consacré une séance et demie à l'étude des textes
de Leach, Lévi-Strauss et Balandier. Son intervention se
limitait à la reprise d'exposés effectués par des étudiants,
et se concluait par l'incapacité définitive des trois anthropologues
cités à penser la politique ;
- Enfin, ceux qui ont tenté l'entreprise en ont fait l'amère
expérience : il n'est pas possible, dans une copie d'examen,
ou lors d'un cours, de dire que la politique est autre chose
que ce qu'en dit M. Lazarus. Il est bien connu de tous ses
étudiants que pour avoir l'U.V., il faut répéter ce qu'il
a dit en cours, même Si l'on n'a rien compris, même si l'en
n'est pas d'accord.
En résumé, M. Lazarus n'enseigne rien d'autre que sa doctrine
en politique, sans donner aux étudiants ni les moyens ni
le droit de la critiquer, sans indiquer clairement qu'elle
n'est qu'une doctrine parmi d'autres. En voulant l'imposer
aux étudiants comme exclusivement vraie, ce qui ne serait
qu'une pratique pédagogique contestable, le caractère obligatoire
de l'U.V. en fait un appel insupportable à lassentiment,
une obstruction insidieuse et violente au public d'accéder
à la recherche par d'autres truchements que celui de sa
personne.
Qu'aucune sanction n'ait été prise contre S. Lazarus, qu'il
ait pu en toute impunité insulter deux de ses collègues
et tenté d'empêcher l'un des deux d'enseigner qu'il rende
obligatoires ses thèses quand il laisse ses étudiants dans
la plus complète ignorance des savoirs et des problèmes
en partage dans la discipline, est pour moi un véritable
scandale.
Depuis que je suis dans cette université, ceux de mes professeurs
dont j'estime le plus les compétences, régulièrement, me
glissent à l'oreille un discours dont la substance est "
Tu es une bonne étudiante, ne reste pas ici. Va à l'EHESS,
c'est quand même beaucoup mieux. Là-bas les gens travaillent
vraiment ". Si les plus hautes instances de l'Université
ne prennent pas fermement position, je finirai par me poser
des questions sur le bien-fondé de ma présence à Paris VIII,
et par acquiescer à tous ceux avec à leur tête les
gens de l'EHESS qui sourient d'un air entendu quand
on leur parle de Paris VIII en général, et de son département
d'Anthropologie en particulier.
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