Etudiants étrangers

Comment un étudiant à Paris 8 a évité l'expulsion grâce au soutien d'organisations étudiantes et de responsables universitaires


Photo d'Edouardo Inlan-Nunez
Photo : Edouardo Inlan-Nunez

C. est étudiant en DEA de droit médical à l'Université de Paris 8. Arrivé en janvier 1999, cet avocat tunisien s'était fait remarquer dans son pays pour son opposition au régime de Ben Ali.

Inscrit à l'université, il devait néanmoins répondre aux exigences du ministère de l'Intérieur pour obtenir une carte de séjour (entrée avec un visa touristique pour l'inscription à la fac, nécessité de retourner dans son pays pour la demande d'un visa étudiant...).

Son dossier avançait favorablement, lorsque le 4 novembre, il la police l'arrêtait à Stains à l'occasion d'un contrôle d'identité (il roulait en effet feux éteints sur le parking de Carrefour...) Maintenu au centre de rétention de Bobigny par jugement du tribunal de grande instance, il a vit son appel rejeté le 8 novembre. Il fut alors transféré au centre de rétention international de Roissy, pouvant être expulsé à tout moment.

Sur son université, étudiants et organisations militantes se sont unis pour demander sa libération. Ils ont été rejoint dans leur action par le président de l'université, Renaud Fabre, le directeur du CROUS de Créteil, Jean-Francis Dauriac, et le cinéaste Bertrand Tavernier... La directrice de l'enseignement supérieur, Francine Demichel, écrivit une lettre à Jean-Pierre Chevènement, tandis que syndicats et associations saturaient de fax le ministère de l'Intérieur.

Le mercredi, lors des questions au gouvernement, le député-maire de Bobigny, Bernard Birsinger (PCF), rencontrait le ministre dans les couloirs de l'Assemblée nationale.
C. fut libéré le vendredi 12 novembre. Il attend aujourd'hui sa régularisation.

Lire aussi notre dossier sur les sans-papiers de Saint-Denis (mars 2000)

 

 
La "Une"       Ecrivez - vivez !

 

 

Allègre veut-il faire payer les étudiants étrangers ?

Le ministre de l'Education nationale, Claude Allègre, défend-il un université rentable ? Il semble qu'il considère les étudiants étrangers comme un marché de jeunes solvables à qui il faudrait faire payer les études que propose l'entreprise France.

"Le marché de la formation supérieure est devenu à l'heure de la mondialisation un enjeu de compétition où s'affrontent les Etats-Unis avec 560 000 étudiants étrangers, le Royaume Uni avec 200 000 étudiants étrangers, la France avec 130 000 étudiants étrangers, notamment.
L'enjeu est à la fois culturel, puisqu'il s'agit de la formation des élites des pays étrangers, et économique, puisque ce secteur représente aux Etats-Unis le quatrième poste d'exportation rapportant chaque année plus de 7 milliards de dollars."

Conférence de presse de Claude Allègre et Hubert Védrine, le 6 novembre 1998.

(Depuis 1994, le nombre d'étudiants étrangers en France diminue chaque année de 3,5 %)

 

L'Asile utopique
Présentation
Archives



désabonnement